Microsoft marque-t-il des points dans les ‘smartphones’?

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Son logiciel Windows Mobile équipe de plus en plus de ces combinés intelligents mais reste un challenger face à PalmOS et Symbian. Le directeur marketing France de la division Mobile de l’éditeur nous en dit plus

Qui aura la plus grosse part du très juteux marché des systèmes d’exploitation pour ‘smartphones’? Si ces mobiles GPRS, qui permettent notamment de lire ses mails, naviguer sur le Web et télécharger des fichiers à haut-débit, existent depuis un an, les opérateurs espèrent un décollage massif en 2003-2004. Pourtant, la bataille fait déjà rage entre les éditeurs de logiciels dans le marché des systèmes d’exploitation qui équipent ces mobiles.

Car contrairement à d’autres secteurs, le jeu est très ouvert notamment en Europe où le leader Symbian (le consortium organisé autour de Nokia, qui détient environ 50% du marché) se fait rattraper par PalmSource (PalmOS) et Microsoft (Windows Mobile). Ce dernier entend ne pas rater le coche et, après avoir quelque peu patiner, multiplie les contrats avec opérateurs et constructeurs. Objectif: “Prendre pied sur ce marché En Europe, la firme équipe notamment le PDA/téléphone de Bouygues, les combinés SPV (Sound Pictures Video) d’Orange et a passé un accord avec Motorola, le numéro deux mondial, après son départ de… Symbian. “Nous voulons prendre pied sur ce marché”, explique simplement Didier Burdinat, directeur marketing de la division Mobile de Microsoft France qui refuse de fournir des objectifs chiffrés. Mais l’éditeur met toutes les chances de son côté pour rattrapper son retard. En misant d’abord sur deux marchés, celui du grand public et les professionnels. “Les smartphones seront utilisés par le grand public tandis que les téléphones hybrides PDA seront d’abord destinés aux entreprises”, souligne Didier Budinat. “Nous pensons être légitimes sur ces deux marchés”. Mais quel marché est le plus prometteur? Pour Microsoft, les entreprises s’équiperont plus rapidement que le grand public. La firme compte sur l’effet “environnement Windows” pour séduire les professionnels. “Les entreprises sont en quête de standardisation des interfaces. Windows Mobile se rapproche de Windows créant un ensemble homogène”, explique le directeur marketing. Sur ce terrain “pro”, Microsoft se bat quasiment à armes égales contre PalmSource et son PalmOS dont les ambitions en Europe sont importantes (voir notre informations). “Nous avons confiance. Nous avons un bon positionnement pour une utilisation avancée”. PalmSouce appréciera. Faible croissance des ‘smartphones’ grand public? Du côté des smartphones grand public, Dider Burdinat estime que la marché mettra plus de temps à véritablement démarrer: “Nous sommes encore sur une vision à moyen terme. Il ne faudra pas s’attendre à des taux de croissance à deux chiffres lors des premières années”, explique-t-il. Les opérateurs misent beaucoup sur les Vodafone Live, Orange World et autres i-Mode pour confirmer leur redressement. Les smartphones risquent par ailleurs d’être confrontés à une difficulté supplémentaire, celle de la complexité des combinés. Déjà une étude montre que les utilisateurs ne savent comment bien utiliser ces mobiles, notamment pour recevoir des mails. Une application, avec les MMS, qui est souvent qualifiée de déterminante pour générer du cash. Didier Burdinat: “Ces produits sont en effet complexes mais les opérateurs font des efforts pour accompagner leurs clients”. Cela reste à vérifier. Windows Mobile sur le marché français

L’éditeur revendique 22% de part de marché sur les smartphones (source Canalys). Présent chez Orange (dernière nouveauté avec le SPV E200) et chez Bouygues (avec le iPDA 2003 de Qtech), Windows Mobile n’équipe pas encore de mobiles intelligents fournis par SFR (Vodafone Live).

“Les discussions sont en cours”, se contente d’indiquer Didier Burdinat. Mais Microsoft ne pourra se passer longtemps du deuxième opérateur français.


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