Microsoft Research et l’Inria font le point sur leur recherche commune

Régulations

L’INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique Appliquée) fête
ses 40 ans et se félicite de sa coopération avec Microsoft Research: 15 postes
de chercheurs à ce jour

Lors de l’inauguration le 11 janvier dernier du centre de recherche commun Inria/Microsoft Research à Orsay dans l’Essonne, Eric Boustouller, président de Microsoft France s’est félicité d’« une consécration du savoir-faire de l’excellence de la recherche fondamentale française, » . Et d’ajouter: « C’est une première pour Microsoft qui n’a jamais signé jusqu’alors de partenariat public-privé, depuis les quinze ans d’existence de Microsoft Research. »

En revanche, l’Inria gère déjà des accords de ce type avec des entreprises comme Thalès, France Télécom ou encore Mitsubishi.

Ce centre concrétise les annonces faites en avril 2005 (cf. ‘silicon.fr’) lors de la signature du protocole d’accord entre le ministre de la recherche François d’Aubert et Steve Balmer (CEO de Microsoft: cf. photo d’archives ‘Silicon.fr‘); puis en octobre 2005 pour la signature de la convention-cadre entre François d’Aubert, Gilles Khan (ex-directeur de l’Inria) et Bill Gates (fondateur de Microsoft).

Équipes, budgets et responsabilités équitablement répartis

Ouvert officiellement depuis mai 2006, ce centre de recherche commun emploie 15 chercheurs. La direction du centre est confiée à Jean-Jacques Lévy, directeur à l’Inria, sous la houlette d’un comité de direction comptant autant de membres de l’Inria que de Microsoft. Les investissements, – dont le montant reste secret… – sont également partagés entre les deux partenaires.

Fidèle à la transparence financière légendaire de notre exception culturelle française, Éric Boustouller a indiqué :

« Le montant de notre participation équivaut au salaire de quinze chercheurs (effectif à terme du centre de recherche commun). »

Ré-interrogé, il a précisé qu’il s’agissait bien de salaires de chercheurs français? Cet investissement (qui serait donc de 500 à 600 K? pour chaque partie, selon notre estimation) serait “le plus important apporté par une entreprise dans ce type de partenariat” selon l’Inria.

« Nos chercheurs et ceux de Microsoft se connaissent, échangent et communiquent déjà entre eux depuis des années. Certains sont souvent passés d’un établissement à l’autre. Il est donc naturel que la collaboration se passe très bien»,rapportent Jean-Jacques Lévy et Michel Cosnard.

Quels travaux et quelle exploitation des résultats ?

Quel est l’objet de ces travaux de recherche ?

« Le futur d’Internet, le futur du Web, le futur de la programmation et du développement de logiciels, la simulation et le contrôle de systèmes complexes, le passage de l’expérimentation réelle à l’expérimentation virtuelle, la modélisation du monde vivant et de ses mécanismes, et l’intégration des technologies informatiques dans le monde médical, » précise Michel Cosnard, président de l’Inria.

Il ajoute : « Nous veillerons à ce que le transfert de ces technologies s’effectue aussi bien vers les entreprises, via des partenariats technologiques, ou encore par le biais de créations d’entreprises. »

Une autre question se pose par ces temps de polémique sur les licences logicielles et les brevets : à qui reviendra la propriété des de ces travaux et des éventuels brevets?

« Tout ce que nous découvrons et mettons au point à l’Inria est systématiquement protégé. Tout est également publié. Enfin, sur les aspects de commercialisation, nous déciderons au cas par cas avec Microsoft » répond Michel Cosnard.

Bref : on verra bien. Pourtant, cet aspect reste capital. En effet, comment des fonds publics de recherche pourraient-ils servir à des applications commerciales réservées à une entreprise américaine, leader sur son secteur ?

Le mieux sera sans doute de juger sur picèes, avec les résultats. Et comme l’expliquait l’un des chercheurs de l’Inria, dans un vocabulaire forcément adapté : «Des résultats sont exacts modulo une certaine probabilité»?


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