Microsoft respirera mieux l’Europe à Aix-la-Chapelle

Régulations

Un Centre d’Innovation: l’éditeur a choisi l’un des carrefours historiques -la cité de Charlemagne. Lobbying pur jus ou…?

On savait Bill Gates féru d’histoire et de symboles. Nul doute que le choix d’Aix-le-Chapelle (Aachen) ? la cité de l’Empire carolingien -n’a pu que le séduire. C’est là que va s’établir le Centre européen de l’innovation ou EMIC (pour ”

European Microsoft Innovation Centre“). Cette entité d’un nouveau genre se situe à mi-chemin entre les centres de recherche Microsoft Research, lesquels travaillent sur des perspectives allant de 5 à 10 ans, et les groupes de développement qui s’activent sur des cycles courts. A l’instar de celui de Cambridge en Angleterre, qui en 1997 fut le premier centre de recherche européen de Microsoft, il s’agit là aussi d’une ville très universitaire. Sa localisation est également stratégique eu égard aux projets visés. L’objectif est bien de renforcer les liens et les collaborations avec les institutions européennes. Aachen va se concentrer sur des projets où la vision européenne est sensiblement – voire radicalement – différente des Etats-Unis. En premier lieu figure la protection de la vie privée. Dans son allocution de présentation durant FutureTech 2003, Jean Philippe Courtois, Président de Microsoft EMEA (Europe Moyen-orient Afrique) a insisté sur les remarques émises par Bruxelles autour du logiciel Passport et la volonté de l’entreprise de répondre à ses objections, donc d’impliquer d’avantage Microsoft dans l’Europe. Les services Web , la mobilité, la formation ou la santé à distance sont les autres domaines de recherche de ce pole.. Au moment où Microsoft fête ses vingt années de présence en Europe (les filiales allemande, anglaise et française ont été créées en 83), Jean Philippe Courtois, lui-même Microsoftee depuis 19 ans, s’est livré à un vibrant plaidoyer sur l’importance et l’avenir de l’Europe dans le domaine technologique et sur son importance nécessairement croissante. Si Microsoft reste une société « massivement » américaine et si le développement produit reste concentré à Redmond, l’évolution se fait lentement en témoigne la décision de conserver le danois Navision (racheté l’année dernière) dans son périmètre technologique et géographique d’origine. Finalement, on appréciera l’ironie d’une annonce faite en Angleterre par une société américaine à propos d’un nouveau développement en Allemagne et dont la responsabilité est confiée à un français (Pierre-Yves Saintoyant). Si l’on ajoute que ce dernier manifeste un grand intérêt pour une prochaine étape de développement en Russie, on se dit que les sociétés commerciales sont décidément bien plus pragmatiques ? dans le bon sens du terme – que les politiques. Surtout lorsque l’on imagine que c’est un autre français ? Jean Philippe Courtois ? qui aura certainement la responsabilité d’ouvrir l’une des dernières filiales manquantes eu Moyen-orient : l’Iraq. L’Informaticien


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