MOA : l’externalisation reste la règle et les bonnes pratiques la cible

Régulations

La transformation stratégique du système d’information, avec une plus grande proximité des métiers, renforce le rôle critique de la Maîtrise d’Ouvrage, largement externalisée.

Une étude, menée par Pierre Audoin Consultants (PAC) et le cabinet de conseil en système d’information (SI) Feel Europe, sur la professionnalisation de la Maîtrise d’Ouvrage (MOA), vient rappeler le rôle désormais déterminant de la MOA dans l’entreprise. Elle vient en effet se placer à la frontière entre le SI, qualifié avec a-propos de système nerveux de l’entreprise, et les métiers.

Une absence de modèle organisationnel dominant

Ce positionnement en équilibre se traduit dans les résultats de l’étude par l’absence de modèle organisationnel dominant. Une absence qui se traduit également par la diversité du périmètre des responsabilités : définition des indicateurs de performance, formation des utilisateurs, gestion du changement, déploiement, recette utilisateurs, choix des solutions progicielles, conception de l’architecture fonctionnelle, expression des besoins, gestion de projet…

Le champ des responsabilités de la MOA s’exerce bien au delà des projets SI. C’est donc sans surprise que le lien avec les fonctions hiérarchiques de l’entreprise est diffus : 48 % des consultants sont rattachés à la fonction SI ; 35 % aux métiers de l’entreprise ; et 17 % à d’autres directions fonctionnelles (stratégie, organisation, etc.). « Du fait de cette diversité de schémas opérationnels, les responsables MOA doivent faire face à un certain nombre de difficultés récurrentes ayant à la fois trait aux volumes de ressources nécessaires et aux compétences requises », commente Patrice Penjon, senior manager de Feel Europe.

Professionnalisation et méthodes

Peu d’entreprises semblent prêtes à répondre à la complexité de la fonction et à exercer la responsabilité de la MOA. C’est pourquoi à plus de 80 % elles ont recours à la prestation externe. Une démarche qui offre l’avantage, selon les entreprises interrogées, de donner accès à des services spécialisés plus proches des métiers. Les sociétés de conseil spécialistes du métier et les SSII spécialisées et acteurs de niches sont plébiscitées. Les grandes SSII suivent, sans surprise. En revanche, les sociétés de conseil généralistes, les éditeurs et les revendeurs sont plus rarement consultés.

Selon les responsables MOA, leur évolution passera en priorité par trois domaines : la qualité du bilan économique avant le lancement des projets, le niveau d’utilisation du SI existant par les métiers et le professionnalisme de la conduite de projet. À l’évidence, pour que ces évolutions accroissent la performance de la MOA, elles devront s’accompagner du renforcement des aspects méthodologiques de la fonction, processus, outils et KPI, de l’animation d’une communauté MOA que les acteurs du domaine appellent de leurs souhaits pour sensibiliser, former et capitaliser les retours d’expériences.

Et Feel Europe de conclure l’étude par un appel à l’adoption d’une approche considérée comme novatrice : la mise en place d’une Communauté de Pratiques MOA focalisée sur les bonnes pratiques, mais qui reste proche des pratiques opérationnelles du terrain.

L’étude peut être téléchargée ici.

L’enquête, en collaboration avec Pierre Audoin Consultants, a été menée entre Novembre 2010 et Mai 2011 auprès de 86 responsables MOA, dans plus de 60 entreprises.


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