Mobile World C : Altobridge / Ericsson innovent pour couvrir les zones isolées

Régulations

Les villages, collectivités ou «communautés» éloignés de tout – comme les bateaux ou les avions – devraient apprécier cette solution originale de radiocom

Barcelone.- Les campagnes les plus retirées doivent-elles –telles des esquifs ou des aéronefs au milieu des océans – demeurés coupées du reste du monde ? Des solutions fiables et économiques sont maintenant disponibles.

Si l’on connaît quelques expériences très limitées et très onéreuses concernant la couverture GSM à bord des avions (offre OnAir d’Air France, par exemple), la situation pourrait changer rapidement, grâce à la disponibilité de solutions telles que celle d’Altobridge.

Cette société irlandaise, créée en 2002 par des transfuges d’Ericsson, a mis au point une technologie, qui utilise des ressources limitées et des algorithmes de transmission optimisés. Elle l’a développée dans le contexte de petites communautés requérant des communications locales sécurisées (environnement militaire, gestion de situations d’urgence), mais aussi une connectivité avec le monde extérieur à la communauté. A ce jour, «Aeromobile» (première société offrant des communications GSM pour le monde de l’aéronautique) et Blue Ocean Wireless (pour la marine marchande) sont les principales références de l’éditeur.

Mais l’application la plus prometteuse d’Altobridge en termes de déploiement concerne la terre ferme, à savoir la fourniture d’une couverture GSM à des régions ou des communautés isolées (jusqu’à 100 utilisateurs potentiels). Altobridge a trouvé en Ericsson le partenaire idéal pour offrir cette solution : Ericsson fournit les plateformes servant à la commutation locale, et Altobridge le logiciel. D’autres solutions de type « softswitch » existent déjà mais sont la plupart du temps inabordables pour les marchés concernés, qui ont une espérance d’ARPU (« revenu moyen par utilisateur » ) très faible.

Dans la solution Altobridge/Ericsson, le trafic de communication proprement dit reste local si l’appelant et l’appelé sont dans la même communauté (ce qui est le cas le plus souvent). La transmission via satellite ne concerne que les données de service devant être échangées avec le centre nerveux du réseau (la « signalisation »), ce qui représente, grâce aux algorithmes développés, moins de 8 kbits/s par appel dans le cas des appels locaux. Les fonctionnalités de roaming ne sont pas affectées par cette solution : un visiteur s’intégrera de façon transparente dans le réseau.

Pour les opérateurs, qui ne sont pas des philantropes par nature, il s’agit, selon Mike Fitzgerald, CEO d’Altobridge, “de transformer des zones de pertes en zones de profit” : se concentrant sur les populations aux plus faibles trafics et en leur fournissant des solutions très peu onéreuses, le modèle économique est tout à fait intéressant pour l’abonné et pour l’opérateur.

Déjà en service en Malaisie, la solution sert de support au programme gouvernemental destiné à assurer une connectivité aux nombreuses zones isolées. L’association GSMA, organisatrice du salon de Barcelone, prévoit que 40 milliards d’Euros vont être investis au niveau mondial pour les 5 ans à venir dans ce type d’opérations. Un marché qui ne concerne « que » le «milliard manquant » d’abonnés au téléphone mobile dans le monde…


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