Mobiles 3G : 100.000 abonnés pour Orange et SFR. Succès ?

Régulations

Les deux opérateurs visent toujours 500.000 abonnés pour la fin de l’année. Ce n’est pas gagné

La téléphonie mobile de troisième génération (3G ou UMTS) peine à rencontrer son public. Et notamment son “grand public”. Car si l’Internet mobile rapide séduit les cadres nomades avec les cartes 3G à plugger sur son PC portable, les téléphones 3G pour Monsieur tout le monde ont bien du mal à se vendre.

Orange annonce ainsi avoir franchi la barre des 100.000 abonnés à fin mai, dont 70.000 grand public. Ils étaient 16.500 en janvier. Un résultat en demi-teinte: l’opérateur a lancé ses offres en novembre dernier et a pour objectif d’atteindre 500.000 clients à Noël 2005. Au rythme où vont les choses, cet objectif sera difficilement atteignable. Pour autant, Orange se dit satisfait et en ligne avec ses objectifs. C’est ce qu’on appelle la méthode coué. De son côté, SFR (groupes Vivendi Universal et Vodafone), revendique à fin mai également 100.000 clients pour son service 3G lancé à l’hiver dernier, dont 90% de grand public, annonce Pierre Bardon, directeur général. SFR aussi vise 500.000 clients pour le fin 2005, c’est dire si Noël sera crucial! Côté service, la visiophonie qui devait être l’application phare est un relatif échec: seulement 25% des clients 3G l’utilisent environ 16 minutes par mois. La durée moyenne d’un appel Visio est de 6 minutes, soit deux fois plus qu’un appel vocal classique. Par contre, la télévision en streaming connaît un grand succès: elle utilisée par plus de 52% des abonnés, représentant 50% du trafic data avec une moyenne de 10 sessions par mois et par client. SFR étendra dans les prochains jours son offre de télévision en direct à 29 chaînes, la consultation étant facturée de 0 à 0,25 euro par minute jusqu’à fin 2005. Mais avec 200.000 clients en six mois pour les deux opérateurs, les sirènes de la 3G peinent à séduire les Français. Plusieurs explications à ces difficultés. Il y a d’abord la couverture: la 3G n’est disponible pour l’instant que sur 40% du territoire. Pour améliorer la situation, Orange complètera son réseau 3G avec la technologie intermédiaire Edge (qui sera lancée dans les prochains jours). Selon Didier Quillot, pd-g d’Orange d’ici la fin 2005 “grâce à Edge 85% de la population et 90% des entreprises pourront être couvertes en haut débit mobile. Au total, ce sont 2 millions de clients Orange qui utiliseront les services Haut Débit Mobile d’Orange au travers de nos réseaux complémentaires Edge, 3G et Wi-Fi d’ici la fin 2005”. BouyguesTel mise pour le moment à 100% sur cette norme permettant 85% de couverture et fait l’impasse sur l’UMTS jugé non viable… SFR de son côté a prévu de renforcer son déploiement UMTS, notamment sur les communes de 20.000 à 200.000 habitants, pour couvrir 60% de la population en 3G fin 2005 et 70% fin 2006. Par ailleurs, les mobiles sont encore rares et chers. Et ils ont tendance à chauffer. Enfin, la qualité des communications semble aléatoire et les services mis en avant par les opérateurs n’ont pas déchaîné les passions, et notamment la visiophonie sur laquelle les opérateurs misaient beaucoup. En vain. Ces derniers misent désormais sur l’image (avec la télévision) et sur la musique pour séduire. Mais selon les analystes, un décollage de la 3G n’est pas à attendre avant les Fêtes de fin d’année, et si le prix des combinés baisse. Le HSDPA chez Bouygues et SFR

La seconde génération de la 3G devrait bientôt être une réalité. Le HSDPA permet encore plus de débit: : 1 Mb/s en moyenne du réseu vers le mobile contre 250 Kb/s pour l’UMTS. BouyguesTel, qui a fait l’impasse sur l’UMTS, table sur un lancement en 2006/2007 en complément de son réseau Edge. SFR annonce de son côté la commercialisation de cette technologie haut débit lors du second semestre 2006.


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