Mobiles: la nouvelle alliance autour de Linux portera-t-elle ses fruits ?

Régulations

Motorola, NEC, NTT DoCoMo, Panasonic, Samsung et Vodafone ont annoncé un nouveau partenariat autour du Pingouin. Un de plus. Mais pour certains, l’avenir du mobile sera bel et bien open-source

Très loin derrière Symbian et Windows Mobile, Linux tente de s’imposer dans le marché hautement stratégique des systèmes d’exploitation pour téléphones mobiles. Un marché à la croisée des chemins puisque les combinés s’apparentent aujourd’hui de plus en plus à des mini-PC portables.

Les besoins en OS puissants et souples sont donc aujourd’hui importants. Cela profitera-t-il au Pingouin qui a l’avantage d’être ouvert, donc moins cher à développer, alors que les coûts de développement de nouvelles applications mobiles pour les fabricants de combinés sont de plus en plus élevés ? En tout cas, les initiatives se multiplient. Motorola, NEC, NTT DoCoMo, Panasonic, Samsung et Vodafone se sont ainsi alliés pour proposer et supporter dès la fin 2007 une version globale de Linux pour les téléphones mobiles, les PDA et autres appareils portables. Mais ce type d’alliance ou d’initiative n’est pas nouvelle. En 2005, Motorola a annoncé que la moitié de ses mobiles seront à terme motorisés par un OS dérivé de Linux et de Java. Puis c’est PalmSource qui a confirmé sa préférence pour un système d’exploitation ‘open-source’. En décembre 2004, l’éditeur avait également annoncé le rachat de China MobilSoft Limited (CMS), acteur majeur des logiciels pour la téléphonie mobile en Chine développés sous Linux, en particulier avec sa filiale MobilSoft Technology. Plus tard, se monte Linux Phone Standards Forum (LIPS). Ses objectifs sont simples : proposer un système d’exploitation et environnement applicatif standard pour téléphones mobiles qui serve d’alternative aux OS de Symbian et Microsoft, et ne nécessite par de réinventer la roue à chaque nouveau modèle de téléphone. Le projet s’appuie sur la plate-forme ‘Mobile Linux Initiative‘ développée par l’Open Source Development Labs, créée à l’origine pour accompagner le développement de l’usage de Linux sur les mobiles. LIPS travaille aujourd’hui au développement d’API (Application Program Interface) qui permettront aux développeurs de créer des applications qui tourneront sur le Linux mobile. Parmi les membres fondateurs du Linux Phone Standards Forum figurent China Mobilesoft, la filiale chinoise du désormais japonais PalmSource depuis son acquisition par Access, et Orange, la filiale mobile de France Télécom. “Nous cherchons à réduire la fragmentation et introduire une nouvelle plate-forme Linux standard qui permettra aux personnes de créer des téléphones Linux plus rapidement, à un coût inférieur, et avec une plus grande interopérabilité“, a déclaré John Ostrem, fondateur de China Mobilesoft, directeur scientifique de PalmSource et membre du ‘board‘ de LIPS. Moins de 1% du parc On peut également évoquer le Mobilinux Open Framework réunissant Montavista et PalmSource et l’open Source Development Lab (OSDL) composé de Palm, Motorola, Siemens et TrollTech. Ces multiples annonces répondent à plusieurs facteurs: baisser les coûts de développements avec des OS libres, contrer l’ultra domination de Symbian et les velléités de Microsoft, et enfin attaquer les marchés émergents avec des combinés à prix très serré et l’Asie, là où Linux se développe à grands pas. De multiples alliances donc et encore peu de résultats. Le marché des OS pour mobile semble aujourd’hui avoir fait ses choix avec Symbian, le consortium mené par Nokia, Windows Mobile de Microsoft et dans une moindre mesure PalmOS. Linux de son côté ne représente que 1% du parc. Mais l’optimisme est au rendez-vous. Selon Stéphane Deruelle, directeur Europe du Sud de Montavista, éditeur de solutions logicielles Linux pour mobiles, “la part de marché de Linux dans les mobiles est plus importante qu’on le croît”. Tout en concédant que la grande partie du parc se situe en Asie. “En Europe, les choses commencent à bouger, notamment avec les annonces de Palm ou de Motorola”, poursuit le directeur. Pour Stéphane Deruelle, la croissance de Linux sur le Vieux continent est freinée par Symbian qui fait pression sur les fabricants. Par ailleurs, une étude récente Diffusion Group, table sur un nouveau partage du marché des OS mobiles en 2010. A cette date, Symbian devrait être dépassé par Windows Mobile de Microsoft et par des OS dérivés de Linux. Toujours selon Diffusion Group, en 2010, Symbian possédera une part de marché de 22%, contre 28% pour Microsoft et 26% pour Linux. Ce basculement s’expliquerait par l’adoption massive et rapide de la 3G dont les contenus multimédias seraient mieux adaptés à des combinés motorisés par Microsoft ou Linux. Ce qui reste à prouver !


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