MTV et Microsoft, la musique en ligne, ça ‘Urge’ !

Régulations

Les deux géants lancent finalement leur offensive anti-iPod. Rien ne bien neuf à l’horizon, mais une force de frappe qui risque de faire mal

Cinq mois après avoir annoncé le projet, Microsoft et MTV se lancent officiellement dans le très juteux mais très encombré marché de la musique en ligne. Avec un objectif clair: tailler des croupières à iTunes d’Apple, qui contrôle 80% du marché.

Baptisé ‘Urge’, cette boutique en ligne ouvrira le 17 mai aux Etats-Unis. Elle offrira plus de 2 millions de chansons via un logiciel intégré au dernier Windows Media Player 11. On pourra également y trouver des programmes exclusifs tirés des chaînes TV de MTV. Le modèle économique n’est pas original. Comme Napster ou Rhapsody de Real, Urge propose un service de location illimité. Contre un forfait de 14,99 dollars par mois, il est possible de télécharger autant de titres que possible. Seul hic, les fichiers ne sont plus lisibles lorsque l’abonnement s’achève. La plate-forme propose également le paiement à l’acte, avec des morceaux à 0,99 dollar et des albums à 9,99 dollars. Rien de bien neuf donc ni au niveau de l’offre, ni au niveau des tarifs. Mais Microsoft et MTV comptent sur leurs forces de frappe respectives pour s’imposer. MTV est ainsi le premier réseau TV musical de la planète et Windows Media Player détient une part de marché colossale. Suffisant pour venir titiller Apple ? Selon l’IFPI, l’International Federation of the Phonographic Industry, 420 millions de titres ont été téléchargés légalement dans le monde en 2005, un chiffre qui a plus que doublé par rapport aux 156 millions de téléchargements annoncés en 2004. Le chiffre d’affaires du téléchargement de musique, qui associe l’Internet et la téléphonie mobile, a triplé et représenterait 1,1 milliard de dollars, soit 6% des revenus de l’industrie. Et la croissance devrait être soutenue dans les prochaines années. Selon Jupiter, la musique en ligne représentera 11% des revenus de l’Industrie en 2011. Mais cette croissance vertueuse ne profitera pas à tous, prévient le cabinet d’études. Et nous allons forcément assister à un phénomène de concentration. Plusieurs facteurs expliquent cette vision du marché. Il y a d’abord beaucoup trop d’acteurs qui se concurrencent frontalement : Jupiter en a comptabilisé près de 200 en Europe. L’offre excède la demande, souligne Jupiter, d’autant plus qu’iTunes d’Apple a tendance à écraser totalement le marché. Par ailleurs, les revenus de ces services sont plombés par l’importance des droits d’auteur. Si on ajoute les coûts opérationnels et de marketing, les marges sont faibles, voire inexistantes. Ce qui accélérera selon Jupiter le phénomène de consolidation autour de quelques acteurs de taille critique.


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