Musique en ligne: Napster refuse la guerre des prix

Régulations

Le tout nouveau service à prix cassés de Yahoo ne fait pas peur à Napster.

“Nous n’envisageons pas notre service comme un produit bon marché. Je pense que c’est ce qu’a fait Yahoo”, a froidement déclaré Chris Gorog, directeur général de Napster. La plate-forme payante de musique en ligne ne baissera donc pas ses prix pour réagir à l’arrivée de Yahoo Music Unlimited (voir notre article). Yahoo Music Unlimited a ouvert la semaine dernière dans une version d’évaluation avec un prix de lancement de 4,99 dollars par mois pour un abonnement à l’année ou 6,99 dollars pour un abonnement mensuel. Cet abonnement permet des téléchargements illimités mais l’utilisateur n’est pas propriétaire du morceau. S’il n’est plus abonné, le morceau ne sera plus lisible. Pour le conserver définitivement, il devra remettre la main au porte-feuille. Les services concurrents Napster et Rhapsody de RealNetworks proposent le même type d’offres pour 9,95 dollars par mois et ont récemment ajouté la fonction de portabilité vers un lecteur mobile dans une offre à environ 15 dollars par mois. Des tarifs bien moins compétitifs. Mais Napster estime faire la différence avec un environnement vierge de toute publicité. Pour autant, l’annonce de Yahoo a fait plonger l’action de l’entreprise. Le géant de l’Internet, qui veut faire interagir sa plate-forme et son portail, compte sur ses millions d’utilisateurs pour faire la différence. Napster est donc dans une position délicate. Juste au moment où la plate-forme voit ses abonnements véritablement décoller, l’arrivée de Yahoo remet tout en cause. Pour autant, une guerre des prix est inenvisageable. Pour beaucoup, le prix de la musique en ligne a déjà atteint un plancher. D’ailleurs, Yahoo ne s’interdit pas de revoir ses prix à la hausse après la période de lancement. Les Majors aussi estiment que les prix sont trop bas. Notamment pour les morceaux vendus à l’unité. Selon le Financial Times, certaines maisons de disques seraient en pourparler avec des plate-formes de vente, afin d’augmenter les prix de gros pour les téléchargements de fichiers musicaux. Actuellement, le prix de gros est de 0,65 dollar et le prix payé par l’acheteur s’élève à 0,99 dollar. Des tarifs bas censés dynamiser ce marché naissant. Chez VirginMega, on estime même que la musique en ligne n’est pas rentable. Pour Jean-Noël Reinhardt, le président du directoire de Virgin Megastore, le modèle économique « n’est pas viable ». « Nous payons 0,16 euro de TVA, 0,70 euro aux producteurs, 0,07 euro à la Sacem et 0,05 euro de frais de transaction. » Pour un prix de 99 centimes d’euro par titre vendu, il ne reste qu’un centime d’euro de marge brute au détaillant, soit un peu plus de 1 %. Paradoxalement, dans le monde physique Virgin touche une marge de 30%. Mais une augmentation de ce tarif ne favorisera-t-elle pas un retour vers le piratage pour de nombreux consommateurs. Tout serait à refaire en matière de communication. Les partisans d’une hausse estiment au contraire que le marché est assez robuste pour encaisser une hausse.


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