Musique en ligne: Warner soupçonné d’entente sur les prix

Régulations

Les autres Majors risquent aussi d’être inquiétées

Les grandes maisons de disque US se sont-elles mises d’accord pour fixer le prix des téléchargements dans les plates-formes légales de musique ? C’est l’avis des autorités de la concurrence américaine qui estiment que Warner et les autres Majors se sont entendues sur ces prix pour verrouiller le marché (ça ne vous rappelle rien?).

Warner Music Group a annoncé dans un document transmis vendredi au régulateur avoir reçu une citation à comparaître du procureur général de New York dans le cadre de l’enquête des autorités de la concurrence sur la tarification des téléchargements de musique. Warner Music a précisé avoir reçu la demande d’information du bureau du procureur Spitzer mardi, et ajouté qu’il coopérait aux besoins de l’enquête. Une source du secteur a indiqué que l’enquête du procureur Spitzer semblait axée sur la manière dont les maisons de disques fixent les prix de gros pour le téléchargement sur Internet de musique numérique. Curieux en effet d’observer que toutes les plates-formes légales appliquent à peu près les mêmes prix: 0,99 dollar pour un titre. S’agit-il de se caler sur iTunes d’Apple ? Car les Majors ont souvent répété que ce prix devait augmenter, au moins pour les nouveautés… Mais la firme à la pomme ne veut rien savoir: elle estime qu’une augmentation brutale des tarifs aura un effet néfaste sur les ventes de la plate-forme, qui avec l’iPod (le baladeur numérique) sont des sources de revenus majeures pour l’entreprise. Une position répétée avec force par Steve Jobs lors de l’Apple Expo à Paris. “S’ils veulent augmenter les prix, cela signifie qu’ils sont devenus gourmands”. Et de prévenir: “Si les prix grimpent, les clients vont se tourner de nouveau vers les sites pirates et tout le monde y perdra”. D’un autre côté, les autres distributeurs, moins populaires qu’iTunes, sont eux aussi partisans d’une hausse. En mars dernier, Virgin Mega se plaignait de la non rentabilité de son site de musique en ligne. Pour Warner, l’année se termine décidément très mal, puisqu’en novembre elle a dû payer cinq millions de dollars pour clore à l’amiable une autre enquête de l’État de New York sur la manière dont l’industrie influence financièrement la programmation musicale des stations de radio.


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