NEC veut sa part du gâteau WiMax

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Le géant japonais va lancer une offre d’équipements WiMax 16e dès le début 2008 et entend séduire les détenteurs de licences régionales en France

Le marché du WiMax suscite les convoitises. Le japonais NEC, qui jusqu’à aujourd’hui n’était pas un spécialiste de la question, va se lancer dans le grand bain et va tenter de bousculer les géants de ce secteur que sont Alcatel-Lucent ou encore Nokia-Siemens Networks. Il faut dire que le géant nippon arrive au bon moment: les projets de déploiements se multiplient aujourd’hui, notamment en Europe pour couvrir les zones peu ou pas couvertes par le DSL. Dans le même temps, le WiMax mobile pourrait s’imposer dans les grandes villes au côté de la 3G et du HSxPA. Rencontre avec Frédéric Redondo, directeur de la division télécoms de NEC.

NEC est un nouveau venu dans le WiMax. Quelle est votre stratégie ? Pourquoi avoir attendu aujourd’hui pour vous lancer ?

Pour le groupe, le WiMax représente un axe de développement majeur. Ce n’est pas un coup juste pour voir. Cet axe est développé autant au niveau groupe, que dans NEC Europe et NEC France. Nous nous lançons seulement aujourd’hui sur ce marché car nous nous voulions attendre le bon moment, à savoir le démarrage effectif du WiMax et la disponibilité des solutions WiMax 16e. C’est une question de time to market

Comment se composera votre offre ?

Notre stratégie est d’offrir une solution de bout en bout, depuis le CPE jusqu’aux plates-formes de services en passant par les stations de base, de contrôle, les passerelles coeur de réseau IMS. Mais notre offre est flexible: nous sommes capables d’intégrer des équipements concurrents. D’ailleurs, nous poussons l’interopérabilité car nous sommes encore petits dans ce secteur.

La concurrence est très active et le marché est déjà encombré. Comment allez-vous vous différencier ?

Il y a d’abord cette approche bout en bout. Mais surtout, nous entendons tenir nos engagements en faisant la démonstration de notre capacité à être au rendez-vous de nos promesses commerciales. On veut éviter le décalage entre le discours commercial et la réalité technique. Ce décalage est aujourd’hui souvent mis en cause par les exploitants de solutions WiMax dans le monde.

Avez-vous déjà déployé des premiers réseaux WiMax avec vos équipements ?

Nous menons actuellement des tests en grandeur nature, notamment en Asie. A Taiwan, notre solution a été retenue par l’opérateur Tatoong où nous sommes déjà au-delà du test. En France, nous sommes en discussions actives avec les détenteurs de licences régionales, même s’il n’y a encore rien de concret.

Pourtant, en France, les déploiements se multiplient déjà, au travers de nombreuses délégations de service public…

Ce marché est encore très modeste. Nous pensons que le secteur décollera véritablement avec l’exploitation des licences régionales mais il faudra encore quelques années.

Allez-vous également adresser le marché du WiMax mobile ? Pensez-vous que ce type d’accès s’opposera à la 3G et au HSxPA du monde télécom ?

Notre ambition est en effet de faire de la mobilité car nous pensons que le WiMax sera le standard de la 4G. Mais l’industrie doit attendre la disponibilité des équipements. Nous pensons que le premier objectif est de permettre aux laptops de communiquer en WiMax, les terminaux mobiles viendront après. Quant à l’opposition entre WiMax mobile et HSxPA, nous pensons que les deux technologies sont absolument complémentaires.

Lire par ailleurs notre enquête sur le haut débit mobile : WiMax ou HSxPA ?


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