Neuf Cegetel s’empare d’Ozone, réseau Wi-Fi parisien

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L’opérateur met la main sur ce réseau Wi-Fi dit “pervasif”. En perdra-t-il
son âme?

Neuf Cegetel ne ralentit pas la cadence. Après AOL France, Club-Internet, Erenis et Mediafibre, l’opérateur annonce aujourd’hui l’acquisition d’Ozone et se renforce ainsi dans le Wi-Fi.

Neuf Cegetel n’a pas communiqué le montant de l’acquisition, réalisée ” ces derniers jours”, mais a précisé que celui-ci “n’était pas significatif”.

“Cette acquisition nous permet de poursuivre notre développement dans le Wi-Fi, dans lequel le groupe a de fortes ambitions et sur lequel il s’appuie pour développer ses services”, a souligné le porte-parole de Neuf Cegetel.

“Jusqu’à présent, Ozone était un partenaire avec lequel nous travaillions. Là, l’idée est de continuer à développer du Wi-Fi avec eux en les intégrant”, a-t-il ajouté.

En effet, le réseau fédérateur des points d’accès d’Ozone fait partie depuis novembre 2006 de l’offre Wi-Fi de Neuf Cegetel à travers Twin, son combiné hybride Wi-Fi/GSM.

Pour autant, Ozone n’est pas un opérateur Wi-Fi comme les autres. Rappel des faits. En 2004, les habitants du XIIIe arrondissement de Paris peuvent se connecter en Wi-Fi au réseau d’Ozone gratuitement; il suffit que leur PC ” accroche” le signal émis par la start-up qui elle même est relié au backbone de British Telecom, lui aussi situé dans le XIIIè. “Il s’agit de relier un ensemble d’objets ‘intelligents’ afin de créer un réseau ‘pervasif’ basé sur le Wi-Fi”, expliquait alors son patron, Rafi Haladjian.

D’où la volonté d’offrir gratuitement, dans un premier temps, l’accès Web à haut débit via Ozone. Une centaine d’habitants du quartier avait très vite répondu présent. Et l’objectif était de déployer progressivement le réseau dans toute la capitale. Avec l’aide des utilisateurs.

En janvier 2005, premier virage, Ozone lance son offre payante à Paris. L’accès est proposé à 18 euros par mois pour un débit symétrique de 2 Mb/s. Ozone propose en plus un combiné sans fil permettant de téléphoner sans coût de communication supplémentaire à partir de n’importe quel endroit de la capitale situé dans sa zone de couverture Wi-Fi.

Pour étendre la couverture, l’opérateur propose aux Parisiens qui n’y ont pas accès une connexion gratuit à condition de permettre d’installer gratuitement une antenne Wi-Fi sur le toit de leur immeuble.

Aujourd’hui, Ozone assurerait la couverture d’environ 60% de Paris intra-muros selon des chiffres communiqués par la société en février. Elle revendiquait alors 5.000 utilisateurs, dont 3.000 abonnés.

L’opérateur pervasif assure la couverture en Wi-Fi du Centre Georges Pompidou et du Palais de Tokyo à Paris.

Cette approche atypique, basée sur l’implication de l’utilisateur censé déployer ce réseau ‘pervasif’ est au coeur de la stratégie d’Ozone. “J’ai créé cette entreprise pour répondre à cet élan et non pas pour offrir un simple service d’accès. Nous voulons nous affranchir des opérateurs et des choix politiques. Ce réseau n’appartient à personne,” expliquait Rafi Haladjian lors du lancement de la start-up. En se faisant avaler par Neuf Cegetel, Ozone risque, malheureusement, de perdre son originalité.


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