La Nexus 7 manque d’applications attrayantes ?

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Si Google a réussi le lancement médiatique de sa tablette Nexus 7, il lui restera encore à attirer les utilisateurs vers ses contenus. Ce qui, selon Forrester, est loin d’être gagné.

La tablette Nexus 7 de Google est loin d’être parfaite. Malgré ses qualités d’affichage (un écran HD en 1280 x 800 points), sa puissance (un SoC quadricœur Nvidia Tegra 3 à 1,3 GHz) et son autonomie (qui varie entre 8 heures et 9,5 heures… au fil des communiqués), il lui manque quelques attributs pour approcher la perfection.

À commencer par l’absence de capteur dorsal, ce qui interdit les prises de vue photo et vidéo. Par ailleurs, aucun lecteur de cartes mémoire SD ou microSD n’a été prévu. Certes, ses 8 Go ou 16 Go internes pourront s’avérer suffisants, mais il aurait été appréciable de pouvoir pousser le bouchon à 32 Go, certains utilisateurs affichant de gros besoins. Enfin, la Nexus 7 est purement Wifi. Un paradoxe pour une tablette qui, par ses dimensions (7 pouces), se veut plus mobile qu’une 9 ou 10 pouces et, donc, susceptible de se connecter à la 3G en extérieur.

Vendre des services

Du coup, elle n’est pas près de se voir distribuée par les opérateurs. Ce n’est de toute façon pas prévu. Pour l’heure, Google programme ses ventes depuis son site en ligne pour le territoire américain et laisse à Asus, le constructeur partenaire, le soin d’assurer sa commercialisation par des voies traditionnelles en Europe et Asie. Notons d’ailleurs que la version 8 Go à 199 dollars sera réservée aux États-Unis tandis que l’Europe bénéficiera de la version 16 Go pour 249 euros TTC.

Ne boudons pas notre plaisir, ce sont des tarifs relativement accessibles pour ce genre de produit au regard de ses qualités (sur le papier du moins). Car, derrière la tablette, c’est bien du service que compte vendre Google. « Google a retenu la leçon du cas Amazon, et sa seule chance de battre l’offre premium de l’iPad, est de cibler les millions de consommateurs préférant des tablettes plus abordables et plus petites », estime James McQuivey, analyste au cabinet Forrester. Il est vrai que la Nexus 7 se rapproche fortement de la Kindle Fire d’Amazon (également sous Android) directement associée aux contenus immatériels du magasin en ligne. Ne parlons pas de l’iPad, un canal qui mène tout droit à l’App Store.

Manque d’applications attrayantes

Services qui se traduisent, aujourd’hui, essentiellement par la consommation de contenus depuis le « store » Google Play ainsi que les offres payantes créées par YouTube. « Cette gamme de services sera la clé pour assembler cette offre désordonnée de gadgets Android en une plateforme capable de concurrencer Apple, plus en termes de temps d’utilisation, que de services premium en dollars… », ajoute l’analyste.

Néanmoins, « en ce qui concerne la musique, les livres et les films, le nombre des utilisateurs Google n’est pas aussi élevé que celui d’Amazon ou d’Apple », estime Franck Gillet, analyste chez Forrester également. Et « Construire une base client solide prendra du temps ». D’autant que, selon lui, Google est confronté au manque d’applications attrayantes, malgré un catalogue de 600 000 titres environ.

Motiver l’esprit créatif des développeurs

Avant de séduire les consommateurs, « Google se doit de combler ce manque en motivant l’esprit créatif de ses développeurs ». Et régler ses problèmes de fragmentation de l’OS. « Google n’a toujours pas pris en compte les continuels et croissants problèmes de la fragmentation, où seuls quelques modèles sont mis à jour avec l’OS actuel, car les opérateurs et constructeurs n’ont pas poussé les nouvelles versions, ou bien parce que les utilisateurs ne les prennent pas. » Il est vrai que, un an après son lancement, Android 4.0 Ice Cream Sandwich qui devait s’imposer par sa réunification de Gingerbread (2.3) pour smartphone et Honeycomb (3.0) pour tablette, occupe à peine 7 % des terminaux Android contre 65 % pour la version 2.3. Jelly Bean (4.1) fera-t-il mieux ?

Forrester en profite pour nous communiquer ses prévisions du marché des tablettes. En 2012, 192 millions de tablettes auront été mises en circulation. Apple iOS en captera une large majorité (68 %) contre 16 % pour Android et autant pour les autres (Windows 7, BlackBerry PlayBook…). En 2016, pas moins de 760 millions d’unités seront exploitées : 53 % chez iOS, 8 % pour Android, 18 % pour Windows et 21 % pour le reste. Des chiffres pour le moins discutables (notamment en regard de ce qui se passe avec les smartphones où Android domine aujourd’hui le marché) mais qui tendent à montrer que Google est loin d’avoir gagné la bataille des tablettes.


Voir aussi
La tablette Google Nexus 7 en images


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