Nicolas Aube (Celeste) : « En s’affranchissant des distances, l’entreprise peut repenser son organisation »

Réseaux

En étendant à la province son offre d’accès 1 Gb/s, Celeste se positionne comme le seul opérateur à proposer une offre fibre optique de bout en bout. Et espère conquérir quelques 500 clients dans les prochaines années.

Celeste est décidément un opérateur télécom très actif et offensif. Alors qu’il s’apprête à inaugurer Marilyn, son data center optimisé en matière de consommation énergétique, l’opérateur annonce aujourd’hui le déploiement de sa première boucle optique. Dans les faits, il s’agit d’une extension à la province de son offre optique à 1 Gb/s lancée sur la région parisienne il y a un an tout juste.

Cette boucle de 4000 km, toute en fibre optique, relie 25 grandes villes de France. Elle s’appuie sur la technologie WDM (Wavelength-division multiplexing) qui consiste à démultiplier les longueurs d’ondes à travers une seule fibre pour augmenter le taux de bande passante. Une technologie qui permet d’atteindre les 10 Gbits par longueur d’onde. « Notre infrastructure actuelle nous permettra de couvrir 880 clients à 1 Gb/s », précise Nicolas Aube président de Celeste à Silicon.fr.

Du SAN to SAN 4 Gb/s
Avec sa nouvelle offre, l’entreprise n’hésite pas à se qualifier de « premier opérateur à proposer cette technologie directement aux entreprises ». Dans les faits, Nicolas Aube fait référence à l’offre optique de bout en bout proposée entre l’entreprise et le réseau de Celeste par opposition aux solutions en terminaison cuivre (Ethernet…). Une configuration tout optique notamment utilisée dans les secteurs bancaire et financier ou les millisecondes valent de l’or dans le cadre des transactions boursières en ligne. « Nous sommes capable d’adresser les grands comptes avec des offres d’interconnexion SAN to SAN à 2 ou 4 Gbit/s », indique le dirigeant.

Néanmoins, le coeur de cible de Celeste reste les PME. L’opérateur compte 2000 clients (soit 2  % des 100.000 PME françaises) qu’il compte bien faire migrer sur son infrastructure optique tout en acquérant de nouveaux utilisateurs. « Nous visons les 500 clients sous cette offre d’ici 2 à 3 ans », précise Nicolas Aube. Au-delà, Celeste investira dans l’augmentation des capacité. « Une fois l’ossature installée, c’est assez facile de rajouter des capacités », rappelle le président.

Les zones blanches en ligne de mire
Cette initiative permettra à Celeste d’offrir des accès à 1 Gb/s aux entreprises qui en exprimeront le besoin. « Les usages principaux sont l’interconnexion des entreprises entre elles (clients, fournisseurs, partenaires, filiales…) mais aussi l’externalisation de base de données (avec des synchronisations qui nécessitent 500 Mbit/s de bande passante au minimum) et la mise dans le cloud du système d’information. En s’affranchissant des distances, l’entreprise peut repenser son organisation. » L’offre s’accompagne également des services additionnels tels que la qualité de services (QoS).

Cette infrastructure, qui aura coûté 5 millions d’euros à l’opérateur indépendant, est renforcée par une boucle métropolitaine indépendante au sein de chaque ville où passe le réseau optique. « Nous travaillons avec les réseaux publics auxquels nous relions notre réseau via notre boucle locale, ce qui nous permet de ne pas nous limiter aux seules grandes villes », affirme Nicolas Aube. Tours, Anger, Besançon… Celeste vise donc à la fois les zones mal ou pas desservies par les offres très haut débit, qui plus est entièrement optiques.

Une offre à 2000 euros
Celeste se montre également très agressif avec des tarifs tournant autour de 2000 euros par mois la liaison 1 Gb/s. « On y arrive sur Paris, pas encore sur la province à cause des condition d’interconnexion avec les réseaux des collectivités. » Même chez Celeste, la fracture numérique est bien réelle.

« Au travers de cette annonce stratégique, Celeste confirme son positionnement de pionnier sur le marché du haut débit », se réjouit Nicolas Aube qui, à travers l’offre 1 Gb/s optique, veut amener l’entreprise à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires (contre 6 millions aujourd’hui). Le développement passera ensuite, probablement, par de la croissance externe, notamment en rachetant des sociétés proposant des systèmes, services et hébergement principalement. Une stratégie qui complètera parfaitement l’activité d’opérateur optique et de colocation/interconnexion de Marilyn, le data center vert qui ouvrira ses portes prochainement.


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