Nicolas Barcet (Canonical) : « Pour les workloads de nouvelle génération, Ubuntu peut faire la différence »

Nicolas Barcet, responsable des produits cloud Ubuntu chez Canonical, est revenu avec nous sur la sortie d’Ubuntu 12.04 LTS. Il énumère tout d’abord quelques-unes des nouveautés de cette offre par rapport à la précédente LTS (Long Term Support), la 10.04 : le support des architectures ARM, une nouvelle pile cloud basée sur le projet OpenStack, des outils cloud comme MaaS et le proxy EC2, l’arrivée de la solution d’orchestration des services juju, etc.

Le saut sera donc important pour les utilisateurs de versions LTS d’Ubuntu, c’est-à-dire pour un grand nombre des utilisateurs… Nicolas Barcet signale en effet que près de 2/3 des personnes installent une LTS contre 1/3 une version classique de l’OS. La pérennité de l’installation semble donc plus compter que la volonté de disposer des dernières nouveautés avant tout le monde.

L’accord avec HP : une première

Récemment, HP a indiqué que le système d’exploitation Ubuntu 12.04 LTS était certifié pour ses serveurs ProLiant. Malgré ce que beaucoup peuvent croire, c’est une première à ce niveau. Jusqu’alors, le matériel était en effet certifié par Canonical et non en direct par les constructeurs. « C’est une annonce forte, car HP nous introduit pour la première fois dans sa matrice de support interne. »

HP assurera en direct le support d’Ubuntu sur ses serveurs en cas de problème. « Une petite annonce, mais au coût non négligeable pour le constructeur », ajoute notre interlocuteur.

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Crédit photo : © Silicon.fr

ISV : pour les workloads de nouvelle génération

Récemment, Oracle raillait Canonical. En cause ? Le manque d’accords signés entre les ISV (Independant Software Vendor ou éditeurs de logiciles) et la société. Nicolas Barcet tempère cette affirmation, qui selon lui n’est pas vraie pour tous les éditeurs de logiciels : « Le marché des logiciels traditionnels est bouché, mais pour les charges de nouvelle génération (Big Data, Cloud, NoSQL), nous pouvons faire la différence. »

Traduction, Canonical a volontairement fui les marchés historiques, trustés par les OS traditionnels. « Les nouveaux éditeurs sont tous chez nous. Chose d’autant plus vraie qu’ils développent souvent sous Ubuntu. »

La prochaine étape, le PaaS ?

L’offre IaaS OpenStack est solidement ancrée dans Ubuntu 12.04 LTS. L’éditeur a-t-il maintenant pour objectif d’intégrer un PaaS à l’OS… comme Red Hat ? « Cloud Foundry, Engine Yard et Heroku tournent tous sous Ubuntu. Peut-être qu’un jour nous en sélectionnerons spécifiquement un pour notre offre. » La porte est donc ouverte, même si aucune décision n’est prise.

« Le PaaS exclusif n’est pas la solution, ajoute Nicolas Barcet. L’avenir réside dans le mix Paas et IaaS, car il permet de développer de nouvelles applications tout en continuant à utiliser les logiciels existants. L’avenir est au PaaS de troisième génération, qui mêle IaaS, middleware et le support de multiples langages de programmation. »

Ubuntu Server : la conquête

La stratégie desktop et serveur de Canonical semble enfin porter ses fruits : « Les développeurs travaillent sur la version desktop, puis déploient leurs logiciels sur la mouture serveur d’Ubuntu », constate Nicolas Barcet. Et cet effet se mesure : W3Techs montre ainsi qu’Ubuntu est passé devant Red Hat et SUSE dans le monde des serveurs web. « Mais sans entamer les parts de marché de Debian », précise notre interlocuteur. Ouf !

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