Nicolas Sarkozy contre la pénalisation des adeptes du P2P

Régulations

Le presque candidat à l’Elysée essaye-t-il de s’attirer la sympathie des djeunes?

Nicolas Sarkozy tente depuis plusieurs semaines de prendre une dimension de présidentiable. Le président de l’UMP se prononce sur tous les sujets, se fait inviter partout (notamment sur France 2 où il multiplie les apparitions) et débute une son offensive de séduction auprès des jeunes.

L’ancien ministre s’est ainsi prononcé contre la pénalisation du téléchargement illégal sur internet. Sarkozy prend la défense des adeptes du peer-to-peer! “Je ne suis pas pour la pénalisation du téléchargement mais en même temps, il faut que les jeunes comprennent qu’il faut protéger les droits d’auteur, le droit des artistes”, a-t-il affirmé, lors de l’émission “Cent minutes pour convaincre”. “Moi, je crois à l’exception culturelle française. Je pense qu’il faut protéger aussi les droits d’auteur, on doit pouvoir trouver une solution. D’ailleurs, on s’en approche aujourd’hui”, a-t-il ajouté. Quelle solution? On ne le sait pas. Nicolas Sarkozy n’a pas non plus critiqué la vision des maisons de disque attribue la crise des ventes qu’elle connaît actuellement au téléchargement pirate et à lui seul. Mais la position de l’homme politique est toujours bonne à prendre. Surtout qu’il est loin d’être le seul à penser cela. Des dizaines d’artistes, des députés se sont prononcés contre les procès intentés aux internautes téléchargeurs. Même vision de la part de Patrick Devedjian, ministre délégué à l’Industrie: le ministre se prononce contre une “répression aveugle et brutale” des téléchargeurs de musique sur internet mais maintient que “le tout gratuit est une illusion”. “Je partage l’idée que toute campagne de répression aveugle et brutale est non seulement inefficace mais aussi nuisible à l’ensemble des protagonistes”, a-t-il déclaré. “Mais je pense aussi que le concept du tout gratuit est une illusion. Tout a un prix. Et les auteurs ont droit à une juste rémunération”, a-t-il ajouté. Patrick Devedjian semble se placer du côté des internautes: “Arrêtons de diaboliser le P2P ! Le peer to peer est non seulement parfaitement légal, mais aussi particulièrement utile. Les nouvelles applications de téléphone sur Internet, la voix sur IP, comme la téléphonie mobile de troisième génération, reposent essentiellement sur la technologie du peer to peer. Entraver le peer to peer, c’est freiner le développement d’Internet”. Concernant la répression, le ministre se range également du côté des téléchargeurs à usage privé: les poursuites doivent être “mieux ciblées” et concerner prioritairement “la toute petite minorité de pirates qui font commerce des téléchargements illicites”. En Espagne, la loi fait ainsi la différence entre usage privé et commercial du P2P.


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