Nokia redevient équipementier

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Nokia Siemens Networks

Nokia annonce le rachat de la part de Siemens dans la coentreprise Nokia Siemens Networks. Nokia entend tirer parti de la position avancée de l’équipementier sur la 4G.

On s’attendait à une vente. Mais pas celle-là. Nokia vient d’annoncer le rachat intégral des 50% du capital que détient Siemens dans Nokia Siemens Networks.

Le montant de l’opération s’élève à 1,7 milliard d’euros (dont 500 millions sous forme de crédit). La transaction doit être finalisée dans le courant du troisième trimestre 2013. La cession va permettre a Siemens de se concentrer sur son cœur de métier, à savoir la gestion de l’énergie, de l’industrie et de l’infrastructure ainsi que le domaine de la santé.

De son côté, Nokia entendre tirer parti de la position forte acquise par l’équipementier sur le marché de la 4G LTE. Selon le cabinet Dell’Oro, la coentreprise détient 20% du marché mondial du très haut débit mobile avec 80 contrats commerciaux signés environ.

Une position claire de leadership

« Nokia Siemens Networks a établi une position claire de leadership dans le LTE, qui offre un potentiel de croissance attractif, se félicite Stephen Elop, PDG du constructeur finlandais de téléphones. Nokia se réjouit de cette évolution et se réjouit de continuer à soutenir ces efforts pour créer plus de valeur pour les actionnaires du groupe Nokia. »

D’autant que les résultats de Nokia Siemens étaient plutôt encourageants ces derniers mois avec 6 trimestres consécutifs au cours desquels la coentreprise dégageait de la trésorerie. Ce qui n’est pas le cas de Nokia qui a affiché 150 millions de pertes au premier trimestre 2013. Un si bon élève est donc bien venu dans les comptes de Nokia. Ce dont ne se cache pas Stephen Elop : « Avec son orientation stratégique claire et solide équipe de direction, Nokia Siemens Networks a structurellement amélioré sa performance opérationnelle et financière. »

Voilà qui pourrait mettre (temporairement ?) le constructeur finlandais à l’abri d’un risque d’acquisition sauvage alors que sa capitalisation est tombée à moins de 11 milliards fin 2012 (contre 105 milliards en 2007). Il restera néanmoins à vérifier par quelle synergie Nokia compte tirer utilement parti de l’équipementier pour gagner des parts sur le marché des téléphones mobiles.

Autonomie conservée

La structure devrait néanmoins rester autonome, même si le statut reste à définir (toujours filiale ?). De fait, aucun changement de direction n’est pour l’heure annoncé. Rajeev Suri reste CEO tandis que Jesper Ovesen conserve la présidence exécutive du conseil d’administration qu’il adaptera au besoin en regard de la nouvelle configuration.

Créée le 1er avril 2007, Nokia Siemens Networks couvre aujourd’hui 150 pays environ. Fin 2011, la direction a entrepris une nouvelle stratégie en se concentrant exclusivement sur les activités mobiles avec, au passage, une restructuration de 17 000 salariés dans le monde. Une stratégie exécutée qui doit aboutir à 1 milliard d’euros d’économies d’ici fin 2013.

Depuis, l’équipementier a enchainé les innovations technologies (lire notamment «Flopée d’innovations chez Nokia Siemens Networks» pour les plus récentes) et battu des records de transmission de données en LTE. Le dernier en date : un envoi à 56 Mbit/s en émission (upload) sur un réseau 4G TD-LTE en technologie MiMo (antennes multiples) sur une bande de fréquence opérateur de 20 MHz. Un test réalisé à Hangzhou, en Chine.

Approuvée par les conseils d’administration des deux entreprises, l’opération doit encore recevoir l’aval des instances de régulation.


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