Nokia Siemens de nouveau accusé de complicité avec le régime iranien

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L’équipementier européen est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir permis, indirectement, l’arrestation d’un opposant au régime iranien.

Nokia Siemens Network (NSN) est-il complice des autorités iraniennes et de leurs méthodes répressives? Telle est la question centrale à laquelle devront répondre les juges américains (si l’affaire arrive jusqu’au tribunal). Le cabinet d’avocats Moawad & Herischi du Maryland a porté plainte contre l’équipementier télécoms germano-finlandais, rapporte la presse outre Atlantique.

Les avocats accusent ouvertement NSN d’avoir fourni aux autorités iraniennes les moyens techniques de surveillance des communications téléphoniques qui ont mené à l’arrestation de l’opposant politique Isa Saharhiz en juillet 2009 et toujours détenu en Iran. Selon l’avocat Edward Moawad, « les activités de Nokia bafouent le droit international, mais sans doute aussi les lois des Etats-Unis […] qui sont probablement le seul pays où Nokia peut aujourd’hui être attaqué en justice sur cette base », selon des propos cités par Le Monde (20/08).

L’avocat affirme détenir des documents confirmant la culpabilité de l’équipementier dans cette affaire. Il demande certes des dommages et intérêts mais surtout que NSN use de ses relations avec le régime iranien pour faire sortir de prison Isa Saharhiz et demander à l’entreprise européenne de cesser de prêter ses oreilles au gouvernement de Téhéran.

Nokia Siemens ne s’est pas encore exprimé sur cette affaire. Mais il y a de fortes chances qu’il se dédouane de ses responsabilités derrière son statut de fournisseur de solutions technique et non d’opérateur. Il a un an, NSN réfurait les accusations de complice du régime iranien. L’équipementier était accusé d’avoir fourni une console de contrôle des communications Internet, notamment. Mais l’équipementier considérait avoir agit en conformité avec les règlements sur le contrôle des exportations régies par les Nations Unies.

NSN rappelle également que les gouvernements, démocratiques ou non, sont susceptibles de demander un accès au réseau de téléphonie (fixes ou mobiles) pour surveiller les communications. Des contraintes auxquelles se soumettent, a priori,tous les équipementiers et opérateurs. On le voit aujourd’hui avec les BlackBerry confrontés aux demandes de l’Inde, notamment.

Enfin, la filiale de Nokia rappelle qu’elle demande l’avis des gouvernements des pays de ses maisons mère (Finlande et Allemagne), de la Commission européenne, de l’OMC (organisation mondiale du commerce) et même de l’ONU avant de se lancer sur un marché. C’est notamment pourquoi NSN est absent de la Corée du Nord et de la Birmanie. Autant d’arguments que l’équipementier devrait évoquer devant le tribunal si l’affaire y remonte.


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