Non, le DVD-Audio n’est pas un succès !

Régulations

En jouant sur la confusion des noms, l’industrie de la musique veut nous faire croire que le DVD-Audio, et son concurrent SACD de Sony, ont trouvé leur public. Et mon disque, c’est du vinyle ?!

En 2003, selon la RIAA -syndicat des éditeurs de musique- il s’est vendu aux Etats-Unis 245 millions de CD audio, et seulement 100.000 DVD audio. Dans le même temps, le disque vinyle, la bonne vieille “galette” qui fait de la résistance, s’est vendu six fois plus. Pourtant l’industrie du disque, relayée par les médias jusqu’en Europe, affirme que le DVD-Audio est un succès.

Qu’en est-il exactement ? En fait les maisons de disques semblent entretenir volontairement une confusion entre le DVD-Audio, qui est un format de stockage de gros volumes et donc d’une rare qualité musicale, et les DVD-Vidéo de spectacles et concerts, supports vidéo qui eux par contre rencontrent un véritable succès. En fait, depuis son lancement en 2000, le DVD-Audio souffre de trois maux majeurs : tout d’abord fidèle à son habitude, Sony n’a pas pu s’empêcher de sortir son propre format, non compatible, le SACD, présent sur un nombre limité d’appareils musicaux de salon sous sa marque ou sous celle de Philips. Ensuite, les fabricants n’ont pas saisi la balle au bond. Il n’existe qu’un unique modèle d’auto radio capable de lire les DVD-Audio. Quant aux baladeurs, ils brillent par leur absence, même chez Sony. Enfin, et c’est sans doute la principale cause d’échec du format dont la qualité sonore est pourtant exceptionnelle, le DVD-Audio s’accompagne de systèmes de protection contre la copie. Or, beaucoup d’amateurs de musique dupliquent de bonne foi leurs CD audio afin d’écouter leurs morceaux préférés sur leur baladeur ou dans leur voiture, sans pour autant enfreindre la propriété intellectuelle puisque cet usage est restrictif à leur unique profit. La qualité exceptionnelle du DVD-Audio ou de son concurrent SACD ne suffira pas à relancer ce marché, bien que David Kawakami, directeur SACD de Sony, évoquant sa fille de 17 ans et son Mac, ‘portail sur le monde’, ait affirmé: “J’ai le sentiment que plus elle grandit, plus elle souhaite de la qualité, et qu’elle va finir par acheter des albums [au format SACD] de groupes qu’elle a découvert sur Internet“. Monsieur Kawanishi ferait sans doute mieux de vérifier si sa fille n’est pas en train de télécharger le dernier album de son groupe préféré sur Kazaa?


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