Nouveau plan social chez France Telecom ?

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Confirmé de source syndicale mais démenti par la direction

France Telecom s’apprête-t-il à tailler à nouveau dans le vif ? Malgré des résultats financiers solides, l’opérateur historique pourrait annoncer un plan social d’envergure, selon une information de la Lettre de l’Expansion, confirmée de source syndicale. Pour le moment, la direction du groupe dément formellement : “aucun plan de suppressions d’emplois n’est prévu d’ici fin 2008, le président n’a rien annoncé”.

Le nombre de suppressions de postes n’est pas connu mais selon les syndicats contactés par l’AFP, la direction tablerait sur 12 à 15.000 suppressions sur trois ans. Le plan social serait lancé dès la fin de cette année. Rappelons que le groupe compte 187.000 salariés dans le monde.

Il prendrait alors “le relais” du précédent plan social initié en 2005 qui comprenait la suppression de 22.000 postes à travers des “départs volontaires” (16.000 postes nets avec les recrutements). A ce jour, 75% de ces ‘objectifs’ ont été réalisés.

Les syndicats estiment que les salariés “ont assez donné”. “Nous n’arrivons pas à savoir si c’est un ballon d’essai ou si un véritable plan social sera annoncé”, a précisé une source syndicale à l’AFP.

La CFDT déclare qu’“il paraîtrait étonnant que les suppressions d’emplois ne continuent pas”. La CGT souligne que son état d’esprit n’était “certainement pas” de discuter en vue de suppressions d’emplois. La CFE-CGC a souligné que de “nouvelles externalisations d’activités”, qu’entraîneraient des suppressions d’emplois, seraient “nocives pour la qualité du service rendu”, en prenant l’exemple de centres d’appels qui ont été ouverts à l’île Maurice, au Caire ou au Maroc.

Si France Telecom est engagé, comme ses concurrents, dans une course à la productivité et aux réductions de coûts, sa santé financière reste solide. En 2007, le groupe dirigé par Didier Lombard a affiché des résultats supérieurs aux objectifs.

Le groupe a dégagé l’an passé un résultat net de 6,3 milliards d’euros, contre 4,1 milliards en 2006. Son chiffre d’affaires consolidé atteint 52,96 milliards d’euros, en progression de 2,8% en données à base comparable.

La marge brute opérationnelle (MBO) s’élève à 19,116 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2007, en progression de 3,1% en données historiques et de 3,4% en données à base comparable.

“Les résultats que nous présentons aujourd’hui dépassent les engagements pris, y compris sur la réduction de la dette, et confortent notre vision des communications de demain”, soulignait en février Didier Lombard, le p-dg du groupe.“La transformation en cours porte ses fruits,et nous entamons donc 2008 avec de bons fondamentaux”.Sauf pour l’emploi ?

Les paroles de Didier Lombard ne rassurent pas le syndicat Sud. Au contraire. Dans un communiqué paru il y a quelques heures, ce dernier prétend par voie de communiqué ne se faire“aucune illusion”sur la politique menée par l’entreprise. Pour l’organisation syndicale, “la direction affiche une volonté de continuité dans sa politique d’emploi de liquidation de la présence dans les villes moyennes, de continuation de la sous-traitance et des délocalisations d’activités”,poursuit le communiqué.


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