Numérique : la filière flatte Axelle Lemaire

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Les groupes d’influence de l’écosystème numérique veulent s’attirer les bonnes grâces d’Axelle Lemaire, récemment nommée secrétaire d’État du gouvernement Valls. Reste à savoir quelle sera la marge de manœuvre réelle de la nouvelle entrante à Bercy.

Comme il fallait s’y attendre, la nomination au secrétariat d’État du Numérique d’Axelle Lemaire, franco-canadienne de 39 ans, est saluée par l’industrie. Comme lors de toute arrivée d’un nouveau responsable politique au gouvernement, les organisations et lobbies IT veulent s’attirer les faveurs de la jeune femme, hier encore députée des Français établis en Europe du Nord. Sortez la brosse à reluire !

« La meilleure candidate »

« Parmi les personnalités citées par la presse, Axelle Lemaire est bien la meilleure candidate pour ce poste. Sa connaissance des dossiers – elle est co-auteur d’un rapport sur la stratégie numérique de l’UE – alliée à son expérience juridique à l’international, à sa vision paneuropéenne, sont des atouts », explique à la rédaction Jean-David Chamboredon, président du fonds d’entrepreneurs Internet ISAI et porte-parole du mouvement des Pigeons.

Syntec Numérique est également satisfait. « La nomination d’Axelle Lemaire vient conforter notre optimisme : forte de son expérience, elle est engagée dans nos enjeux et nos problématiques », déclare Guy Mamou-Mani, président du syndicat patronal. Quelques jours plus tôt, le co-dirigeant de la SSII Groupe Open s’était félicité de la place dévolue au numérique à Bercy et avait salué le bilan de Fleur Pellerin, passée au Commerce extérieur.

« Axelle Lemaire connait bien ses sujets. Elle est très orientée vers l’international », commente, de son côté, Jamal Labed, président de l’Afdel, organisation qui représente, en France, plus de 300 entreprises du logiciel et des services Internet. « On espère que le travail initié par Fleur Pellerin va se poursuivre », ajoute-t-il.

Un Nasdaq européen ?

En plus de « s’approprier les spécificités de l’écosystème », la nouvelle secrétaire d’État doit s’attaquer « à de grandes priorités », selon les parties concernées. Pour Jean-David Chamboredon, Axelle Lemaire doit répondre aux attentes des entrepreneurs en matière de fiscalité et de financements, prendre des mesures en faveur de l’actionnariat salarié, « guider l’épargne vers l’économie réelle » et poursuivre les Assises de l’entrepreneuriat.

L’Afdel partage ce point de vue. L’organisation profite du remaniement ministériel et de la prochaine entrée en Bourse de Euronext pour appeler à la création d’un Nasdaq européen. « En France, nous avons une vingtaine d’éditeurs cotés en Bourse, aux États-Unis des centaines, observe Jamal Labed. Pour se développer à l’international il faut d’importants moyens. L’introduction d’une entreprise en Bourse est un des meilleurs moyens pour lever des fonds ».

Guy Mamou-Mani met aussi l’accent sur la compétitivité des entreprises, l’accélération de la transformation numérique de la France et la modernisation de l’État, sans oublier la formation aux métiers du numérique.

Reste à savoir quelle sera l’étendue des prérogatives d’Axelle Lemaire et, surtout, sa marge de manœuvre aux côtés d’Arnaud Montebourg, son ministre de tutelle à Bercy. « Qu’il lui laisse carte blanche ! », exhorte Jean-David Chamboredon.


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Auteur : Ariane Beky
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