Numérisation : Google Books se défend devant le Congrès américain

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Le géant d’internet est actuellement auditionné par le Congrès américain. Accusé par ses concurrents de violer les lois anti-trust, il se défend néanmoins en annonçant des garanties.

Google n’en fini pas de devoir se défendre autour de son projet de numérisation des livres. Son hégémonie dans le domaine (Google aurait déjà numérisé 10 millions d’ouvrages) chatouille quelque peu les moustaches de ses concurrents et ses initiatives ne semblent pas toujours rentrer dans les cadres législatifs. En Europe, la France a appelé, par la voix de Frédérique Mitterrand, à une numérisation réalisée dans une garantie d’indépendance nationale absolue.

Dans un communiqué, la société civile des auteurs multimédias (Scam) se veut plus tranchante : «Dans la bataille juridique qui oppose Google aux éditeurs et aux auteurs, le compromis trouvé avec les professionnels américains (37% des bénéfices pour Google, 63% pour les auteurs et les éditeurs) ne peut s’appliqueripso factoaux Européens.» Et l’Allemagne quand à elle, a interpellé la justice américaine, faisant savoir qu’aucun des livres publiés originellement sur son sol ne doit être numériseé sans son accord explicite.

Après avoir été auditionné par la Commission européenne, mardi 8 septembre, Google se retrouve aujourd’hui devant les autorités américaines. Ses principaux concurrents tels qu’Amazon, Microsoft et Yahoo, l’accusent de violer les lois antitrust afin de dominer le marché de la numérisation des livres. Les représentants de Montain View se défendent de toute violation légale. Google Books est « entièrement conforme aux lois sur les droits d’auteurs », selon les déclarations du directeur général de Google Books David Drummond cité par l’agence Reuters. De plus, ce projet de bibliothèque numérique universelle devrait révolutionner les recherches dans des écoles qui ne possèdent pas de bibliothèque conséquente, ajoute le porte-parole.

En 2005, la guilde des auteurs américains a intenté un procès contre le géant des moteurs de recherches pour infraction aux droits d’auteur. Depuis bon nombres d’éléments sont venus s’y greffés, y compris les interpellations européennes. Un verdict est attendu le 7 octobre aux Etats-Unis. En Europe, la bataille est loin d’être jouée, puisqu’au-delà de problème juridique, se pose la question de l’identité culturelle.

La Scam interpelle les consciences : « Les responsables politiques européens portent une lourde responsabilité car leurs décisions aujourd’hui engagent les générations futures; entreront-ils dans l’histoire pour avoir bradél’identité européenne ou au contraire pour avoir construit les fondations de son renouveau à l’aube de ce siècle? » Le débat risque d’être long, très long…


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