Numéros d’urgence : l’étau gouvernemental se resserre sur Orange

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Les enquêtes – administratives et judiciaires – se multiplient après l’incident sur les numéros d’urgence. Orange, qui a aussi lancé la sienne, voit la pression s’accentuer.

Peut-on considérer que la situation est rétablie après l’incident qui a secoué les numéros d’urgence ? Du côté d’Orange, on maintient que les choses étaient rentrées dans l’ordre hier midi. Le Gouvernement n’a pas la même vision des événements. Il a attendu ce matin pour déclarer le retour à la normale. Notamment par la voie de Jean Castex. Le Premier ministre sortait d’une nouvelle cellule de crise suivie d’une visite à la caserne des pompiers de Champerret (Paris).

Pour ce qui est des causes du problème, l’opérateur explique ne pas être encore remonté à la racine. Son état-major a néanmoins communiqué quelques informations. En première ligne, le P.-D.G. Stéphane Richard, qui s’est exprimé notamment au 13 heures de TF1. Puis la directrice générale Fabienne Dulac, qui a ensuite apporté des précisions par voie de presse.

La piste d’une attaque externe est officiellement exclue. Tout comme celle d’une opération de maintenance qui aurait mal tourné. On nous parle désormais d’une défaillance logicielle (une « commande qui a été mal interprétée ») sur un équipement critique. En l’occurrence, une plate-forme d’interconnexion destinée à acheminer les appels, en particulier vers les numéros d’urgence. Elle se répartit sur six sites redondants : deux à Paris comme à Lyon, un à Reims et un à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Redondance pour le coup réduite à néant.

Une enquête judiciaire

C’est désormais l’heure des enquêtes. Orange en a amorcé une, confiée à l’inspection générale du groupe. La direction attend les conclusions sous une semaine.
Le Gouvernement a quant à lui diligenté un audit. Il entend impliquer l’Intérieur, l’Économie, l’Arcep et l’ANSSI.

Des enquêtes, il y en a aussi en régions, au sujet de décès potentiellement liés à l’incident.

Parmi eux, un enfant de 28 mois mort d’un arrêt respiratoire à son domicile de Chavagnes-en-Paillers (Vendée). Jeudi matin, sa mère a tenté, pendant une heure environ, de composer le 15. Elle a fini par utiliser un numéro de substitution trouvé sur les réseaux sociaux. Le décès de son fils a été constaté vers 9 h 25, une heure après la prise de contact avec les secours. L’Agence régionale de santé (Pays de la Loire) a diligenté une enquête administrative.

En Bretagne, il y a aussi une enquête judiciaire, ouverte par le parquet de Vannes (Morbihan). Sujet : un homme de 63 ans décédé d’un arrêt cardiaque mercredi soir dans un centre hospitalier de la ville. Son épouse l’y avait conduit après avoir échoué à joindre le 15 à quatre reprises, puis le 112.

Numéros d’urgence : un précédent en Belgique

À La Réunion, il y avait suspicion sur deux AVC. Après enquête, la préfecture s’intéresse encore à l’un de deux cas.
Sur la liste pourrait s’ajouter la mort, dans les Bouches-du-Rhône, d’une femme de 54 ans atteinte de diabète et d’hypertension.

Un précédent était survenu en début d’année en Belgique, sur le réseau Proximus. Il y a deux ans, c’était aux Pays-Bas, avec l’opérateur KLM.

L’épisode relance le débat sur la rénovation du système d’alerte. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers y appelle, en particulier à travers l’unification des numéros d’alerte autour du 112. La Fédération des hôpitaux de France suggère quant à elle un doublet 112 (police-secours) – 113 (urgences médicales).

L’Assemblée nationale a adopté, la semaine passée en première lecture, une proposition de loi qui aborde cette question. Trois pistes : fusionner le 15, le 17 et le 18 ; faire de même mais uniquement pour le 15 et le 18 ; ou associer le 15 et les médecins de garde.

Illustration principale © brefoto – CC BY-NC-ND 2.0


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