Oniro : un relais en Europe pour l’« anti-Android » de Huawei

Vient-on d’assister au vrai démarrage d’OpenHarmony en Europe ? La fondation Eclipse a en tout cas annoncé avoir pris Oniro sous son aile.

Quelle relation entre ces deux projets open source ? Le premier se développe depuis la mi-2020 sous l’égide d’OpenAtom. On peut considérer cette dernière comme l’homologue chinoise d’Eclipse. Derrière elle, on trouve des poids lourds tels qu’Alibaba, Baidu ou Tencent. Ainsi que Huawei… à qui on doit le socle d’OpenHarmony. En l’occurrence, le système d’exploitation Harmony OS, brandi notamment face à Android.

En travaux depuis environ un an, Oniro consiste en une implémentation d’OpenHarmony, voulue indépendante, mais pleinement compatible. Sa première cible : l’IoT. L’EclipseCon 2021, qui se tient du 25 au 28 octobre, est l’occasion d’en donner l’illustration. SECO, en particulier, y présente un démonstrateur à destination des distributeurs automatiques de boissons.

L’entreprise italienne spécialiste du M2M avait été l’une des premières à s’officialiser relais d’OpenHarmony en Europe. C’était début 2021. Quelques semaines plus tard, l’association Linaro lui avait emboîté le pas. Deux autres partenaires également d’origine italienne (NOI TechPark et Synesthesia) se sont joints à la boucle depuis.

Du Yocto dans Oniro

Promesse d’Oniro : favoriser le développement de systèmes d’exploitation modulaires. En d’autres termes, capables de fonctionner sur une multitude d’appareils avec un minimum d’adaptations.

À la base, il y a une architecture à noyaux multiples. D’un côté, un Linux (Poky, implémentation de référence du projet Yocto). De l’autre, des kernels « légers », pour les systèmes embarqués aux capacités limitées. On commence avec Zephyr et FreeRTOS (support expérimental pour ce dernier).

projet Yocto

architecture Oniro

En ligne de mire, un modèle décentralisé qui évitera, par exemple, de passer par le cloud pour échanger des informations entre appareils.

On peut tester Oniro sur QEMU et sur plusieurs cartes :

– Noyau Linux : deux modèles SECO (SBC-B68 et C61) et un 96Boards (Avenger96)

– Noyau Zephyr : deux modèles 96Boards (Nitrogen et Avenger96), un Nordic Semiconductor (nRF52840) et plusieurs Arduino

Illustration principale © metamorworks – Adobe Stock