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Open RAN : un premier élan collaboratif en Europe

« La première fois que deux opérateurs conviennent de partager un réseau RAN ouvert en Europe ». Ainsi Orange présente-t-il l’initiative qu’il a prise avec Vodafone.

Les deux groupes entendent déployer leurs premiers sites commerciaux Open RAN cette année, près de Bucarest (Roumanie). Ils ne précisent pas, en l’état, sur quels fournisseurs la démarche s’appuiera.

En toile de fond, l’alliance montée en 2018 avec trois autres opérateurs. Nommément, Deutsche Telekom, Telefónica et Telecom Italia. Elle travaille à partir des standards radio 3GPP. Et cherche à les étendre, par le biais d’interfaces ouvertes. Objectif, dans les grandes lignes : favoriser la virtualisation et la désagrégation des fonctions réseau, sur la base de matériels « white box » et de logiciels open source.

Début 2021, Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Telecom Italia avaient signé un protocole d’accord. Ils s’étaient engagés à mettre en œuvre l’Open RAN sur leurs réseaux en Europe. Quelques semaines plus tard, Telecom Italia avait rejoint la boucle.

Le « club des cinq » a récemment fait un point d’étape sur ses travaux. Il a réaffirmé, à cette occasion, l’objectif d’un déploiement à grande échelle en Europe en 2025. Non sans reconnaître les obstacles qui subsistent, en particulier sur le volet technique.

Des interfaces à standardiser

En dépit de questions latentes sur des aspects comme le débit montant sur mMIMO, Orange & cie soulignent la maturité de certains produits. Tout en admettant que pour d’autres, il reste du chemin à parcourir. Par exemple les unités radio ciblant des combinaisons spécifiques de bandes de fréquences. Ou celles interopérables avec les RAN legacy – en tête de liste, la 2G. Les unes et les autres ne sont pas encore ancrées au catalogue des fournisseurs Open RAN, qui se concentrent en premier lieu sur les produits à fort potentiel.

Toujours sur la partie technique, les RIC (composants logiciels chargés de contrôler et d’optimiser les fonctions RAN) sont un autre goulet d’étranglement. Ils présentent en tout cas encore des éléments non standardisés, comme l’interface O2 (communication entre les plates-formes d’orchestration de services et les clouds hébergeant les fonctions). Et des problèmes demeurent, tels que la résolution des conflits entre applications.

Plus globalement, on manque encore de déploiements à grande échelle. En particulier en Europe – d’où l’annonce d’Orange et de Vodafone. Principale raison, selon les signataires du protocole d’accord : leurs obligations contractuelles vis-à-vis des fournisseurs traditionnels.

Open RAN bientôt au régime TLS 1.3

Du travail, il en reste aussi pour arriver à un système de certification « universel » qui permette à tout opérateur de « trier » les fournisseurs dans le cadre de leurs appels à propositions. Et ainsi d’intégrer plus simplement des solutions multifournisseurs.

Sur ce point, les porteurs de l’alliance OPEN RAN entendent jouer la complémentarité avec le TIP (Telecom Infra Project). Facebook avait lancé ce projet en 2016, pour pousser la « cloudification » des réseaux télécoms. En 2019 s’y était ajouté un groupe de travail Open RAN.

En matière de sécurité, l’alliance OPEN RAN publie, ce mois-ci, une nouvelle version de ses spécifications. Elles incluent notamment de nouveaux mécanismes de contrôle sur les couches O2 (mTLS) et A1 (communication entre RIC ; OAuth 2.0).
Les spécifications en développement ajoutent notamment des exigences DTLS et IPSec, en plus du support obligatoire de TLS 1.3.

En matière d’efficacité énergétique, l’alliance O-RAN s’est surtout concentrée sur l’optimisation des CPU. L’idée est désormais d’étendre la démarche aux autres composants : accélérateurs, stockage, NIC, ventilateurs…
Il est question de publier plusieurs spécifications au deuxième trimestre 2023. Elles englobent des modes de veille avancés, un mode d’économie d’énergie pour les ressources cloud et un switch pour activer/désactiver la reconfiguration de canaux radio.

Photo d’illustration © Maxwell Ingham – Unsplash

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