Open Source: les bases Ingres se raniment, les utilisateurs… aussi

Régulations

Le réveil des bases de données Ingres se confirme. A Paris, réuni au siège de Computer Associates, le club d’utilisateurs vient de se reconstituer; un président a été élu. Et le nouveau modèle économique ‘Open source’ se met en place

Les bases de données Ingres ont perduré. Depuis 25 ans qu’elles existent, elles ont largement fait la preuve de leur robustesse. Et le fait de passer dans le monde Open Source ne peut que les revivifier. Nos clients s’en félicitent. Il est heureux que, finalement, Computer Associates ait compris!“, ainsi s’exprime Michel Flacelière, nouveau président du club utilisateurs Ingres, qui vient d’être élu ce 25 avril à Paris. Pour rappel, au milieu des turbulences avec relents de scandale financier, Computer Associates avait officialisé en novembre 2005 la “satellisation” de Ingres Corp, grâce à des fonds d’investissement (*); elle est devenue société indépendante vouée au monde ‘Open source’. Elle a reconstruit une alternative face à Oracle, voire DB2 et Informix chez IBM. Suite logique, les utilisateurs se sont réorganisés, et à Paris, ils ont élu leur président. Ce dernier est par ailleurs président d’une société de service, IGC, un fidèle parmi les fidèles dans la famille Ingres (le porte-feuille clients compte de grands noms comme Alstom, Caisse des Dépôts, Eiffage, Nexans…). Michel Flacelière reconnaît qu’il n’a pas encore bien en tête toutes les facettes du nouveau modèle économique dit “libre” -licence GPL, etc. Mais il est convaincu que les services autour du support et des développements sont très attendus. Un marché existe, c’est évident -d’autant que “le coût licence/support peut être jusqu’à 30% voire 50% inférieur à ce qui se pratique ailleurs“. “Le point fort que reconnaissent les entreprises utilisatrices d’Ingres, c’est sa grande fiabilité et sa facilité d’administration. Les procédures de mise à jour, de validation sont robustes, fiables -et, bien sûr, en grande partie, automatisées“. Le fait est que des grands comptes font toujours confiance à Ingres, comme Leroy-Merlin, L’Oréal, la SNCF ou l’Armée de Terre. Et parmi les sociétés de services, citons, par exemple, Eclipse Software & Services, Khiplus… Pour le nouveau président du club utilisateurs, l’enjeu est bien de redynamiser l’écosystème Ingres et de reconstituer une “force de dialogue vis-à-vis de la nouvelle entité Ingres Corp.“. Le fait est qu’il y a eu un “gros ralentissement” depuis 4 ou 5 ans. Son ambition immédiate est de renouer avec les clubs utilisateurs Ingres de Grande-Bretagne et d’Allemagne, sans oublier -francophonie oblige- la Belgique et la Suisse. En France, Ingres compterait un millier de clients actifs. ____ (*) Ingres Corp est issue d’un “partenariat entre CA (Computer Associates) et le fonds Garnett & Helfrich Capital”. CA est actionnaire minoritaire. http://www.ingres-france@ingres.com Une renaissance grâce à l’Open Source

Computer Associates avait fait l’acquisition d’Ingres en 1994 et puis, au fil du temps, le SGBDR (base de données relationnelle) aurait pu totalement tomber dans l’oubli s’il n’y avait eu le poids du marché et l’existant dans les entreprises. CA l’utilise toujours, embarquée dans une partie de son offre (CA Unicenter) mais en parallèle, CA avait démarré un vaste et ambitieux programme de base de données ‘objet’, avec des ressources puisées chez Sterling Software (racheté également), qui a conduit à Jasmine, structure de portails d’informations d’entreprise (EIP)… Pendant ce temps, les bases Ingres tournaient, largement appropriées par les clients et les sociétés de service. Les développements au sein de Computer Associates se sont arrêtés avec la version 3.0. Dans le nouvel environnement ‘Open source’, Ingres 2006 a été officialement présenté en février dernier. De passage à Paris, Emma McGrattan, responsable des développements d’Ingres, a fait le point sur les chantiers en cours. En voici, un résumé: -la fonctionnalité de “partionnement” des enregistrements basés sur les valeurs est implémentée (hash based partitioning, range partitioning, hash-range /range-hash) -les requêtes “en parallèle” : réquêtes simultanées, en parallèle sur tous processeurs, et disques physiques, avec process I/O indépendants; sans modification des applications; -nouvelles connectivités systèmes et langages: support de PHP, Python, Perl et Ruby. Ainsi que, chez Microsoft, .Net natif, Data Provider & Visual Studio – intégration d’ODBC Call Level Interface, des API JDBC 3.0 incluant le support de JBoss, WebSphere et WebLogic – internationalisation: Unicode natifs, et non-Unicode; certification en 9 langues ; support du ‘single-byte’ / ‘double-byte’ – support de ‘Enterprise Linux cluster’ de RedHat; intégration de Linux “natif”, avec ‘RPM Installer’, intégration de KDE/GNOME Integration… – disponibilité: Linux (x86); à venir: Linux x86-64bits, Windows, Sun Solaris (Sparc et x86-64 bits), IBM AIX, HP-UX (PA-RISC et Itanium, Unixware Le programme OpenROAD 2006 est en route: ? compatibilité avec Ingres 2006 ? retrait des licences CA ? connectivité ‘client HTTP’ ? Nouveaux “écrans” 4GL/GUI (re-design des pages de saisie: ‘frame docking’, ‘mouseEnter/mouseExit’, attributs ‘isUnderlined’, ‘exactWidth’ pour les champs, etc.) ? ‘Enhanced debugger’ ? outils eClient Packaging Tool ? C# wrapper ? extension des ‘import/export’ ? support BiDi Phase 2: ? support d’Ingres 2006 à 2007 ? occurences multiples d’OpenROAD sur un même système ? ‘full support’ d’Unicode, avec L4G ? client “mobile” (jusqu’à Windows CE/Mobile) ? support d’OpenROAD Server Signature GUID


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