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Opinion : Orange-DGSE, bienvenue dans l’ère du soupçon !

Les questions concernant l’indépendance des fournisseurs vis-à-vis de leur nation d’origine ne se limitent pas aux Etats-Unis. Elles se posent évidemment aux entreprises chinoises – en premier lieu à l’équipementier Huawei. Mais, depuis hier, elles n’épargnent plus Orange. Rappelons qu’un document dérobé par Edward Snowden à la NSA attribue à l’opérateur, dont 27 % du capital est détenu par l’Etat français, un rôle majeur de fournisseur de données à la direction technique de la DGSE, les services de renseignement extérieur du pays. Un document qui peut légitimement susciter des craintes d’espionnage économique notamment de la part de grands comptes internationaux clients d’Orange, d’autant que, selon Le Monde, les services techniques de la DGSE partage les informations récoltées avec l’ensemble de la communauté du renseignement en France.

Réactions de déni

Comme les acteurs américains du Cloud ou des réseaux (les Cisco, IBM, Google, Microsoft…), regardés désormais avec soupçon dans certains pays, Orange va désormais faire face à des questions embarrassantes de certains de ses clients ou prospects. Questions qui concernent en premier lieu sa direction des réseaux, où des ingénieurs semblent faire la navette entre la DGSE et l’opérateur. Mais également Orange Business Services, sa branche services aux entreprises qui se positionne sur des créneaux comme les services de communication, la relation client, la sécurité de l’information ou le Cloud. Autant de segments de marché où le soupçon de collusion avec un service de renseignement peut avoir des effets dévastateurs.

Effets contre lesquels Orange n’a visiblement pas encore d’antidote, comme en témoigne sa réponse officielle à nos sollicitations sur ce sujet. Dans un mail à la rédaction, l’opérateur se contente d’indiquer : « Orange, comme tous les opérateurs, a des relations avec les services de l’Etat en charge de la sécurité du pays et des Français. Ces relations se font dans le strict respect des lois et en toute légalité, sous la responsabilité de l’Etat et du contrôle des juges ». Pas sûr que ces formules toutes faites, qui rappellent les réactions de déni des grands noms américains de l’IT au lendemain des révélations sur le programme Prism, suffisent à rassurer lors des négociations de grands contrats internationaux.


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