Oracle et l’Open Source : je t’aime, moi non plus

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Dans un livre blanc destiné au Département américain de la Défense, Oracle suggère que les coûts des logiciels Open Source sont plus élevés que ceux des logiciels propriétaires.

Depuis l’intégration de Sun Microsystems en 2009, Oracle augmente ses investissements dans différentes technologies Open Source, dont MySQL. Cependant, un livre blanc remis en septembre 2013 au Département américain de la Défense (DoD) témoigne de l’ambivalence d’Oracle sur le sujet.

L’éditeur américain suggère que l’Open Source n’est pas le mieux placé pour des missions critiques, et que les coûts des logiciels à code source ouvert sont plus élevés que ceux des logiciels propriétaires.

Les coûts « cachés » de l’Open Source

« Mettre l’accent sur les coûts facilement identifiables et prévisibles, comme les licences et le support annuel, peut occulter le coût total du cycle de vie d’un programme. Les économies à court terme, sur lesquelles sont basées les décisions du DoD en matière de logiciels Open Source, ne représentent que 10 à 20 % de ce coût total », explique Oracle.

Pour la multinationale, il reste à prendre en compte les coûts « cachés » (capital humain, formation, support, pérennité du programme). Oracle ajoute que « dans de nombreux cas, les alternatives propriétaires dominent le marché parce qu’elles ont des capacités bien supérieures aux projets Open Source », pour des « missions critiques ».

Oracle semble oublier que l’Open Source est le socle de choix dans le Cloud, le Big Data et le mobile…

Le DOD, promoteur de l’écosystème depuis des années, s’appuie précisément sur l’Open Source pour des projets IT complexes et hautement sécurisés. Il s’est doté « d’un écosystème de développement plus efficace et au meilleur coût, l’Open Source évitant le gaspillage financier en réduisant le lock-in (NDLR : la dépendance à l’égard d’un fournisseur) et en augmentant la concurrence ».

Oracle prêche pour sa paroisse

Aux yeux du groupe dirigé par Larry Ellison, une administration comme le DoD devrait faire de la réduction des coûts une priorité et opter pour une infrastructure « fiable et évolutive ». Pour Oracle, les mieux placés pour tester la robustesse de programmes et la fiabilité de systèmes sont les entreprises de logiciels commerciaux (propriétaires et/ou open source).

Pour convaincre la DSI de la Défense américaine, Oracle conclut son document par un rappel sur sa contribution à l’écosystème : « En investissant des ressources considérables dans le développement, le test, l’optimisation et le soutien de technologies Open Source comme Linux, PHP, Apache, Eclipse, Berkeley DB et MySQL, Oracle propose des solutions viables pour compléter des projets logiciels simples ou s’intégrer au déploiement de projets plus complexes basés sur des logiciels commerciaux. »


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Auteur : Ariane Beky
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