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Orange-Bouygues : la vente buterait sur la question des antennes ?

La date officielle de l’annonce du mariage entre Orange et Bouygues Telecom est peut-être programmée au 31 mars mais les bans ne sont probablement pas prêts d’être publiés. Car si les quatre opérateurs qu’implique ce dossier sont « à peu près d’accord sur les grandes masses de cette répartition », comme l’annonçait Stéphane Richard à l’issu du récent show Hello, tous les détails sont visiblement loin d’être réglés. Et comme chacun sait, c’est bien dans les détails que se cache le diable.

Une bonne partie des quelques 15 000 sites d’antennes relais qu’exploitent Bouygues Telecom pourraient rester sur les bras d’Orange qui n’en a pas intrinsèquement besoin, rapporte la Lettre A. L’idée initiale serait que Free (Iliad) récupère l’infrastructure de la filiale télécom du groupe de BTP. Mais le seul acteur intéressé par les antennes de Bouygues Telecom pour étoffer rapidement son réseau ne prévoirait de ne racheter qu’un petit millier de sites.

Que faire des antennes ?

D’autre part, suite à la revente de ses pylônes à FPS Towers, Bouygues est sorti de l’activité d’infrastructure et préfère louer une partie de ses points hauts à des prestataires, FPS et TDF essentiellement. Des accords-cadres d’hébergement et de services qui courent sur 20 ans. Autant de contrats qu’Orange devra provisionner à coups de millions d’euros pour dédommager les prestataires en cas de rupture d’exploitation des sites.

Se pose également la question des équipements, antennes relais et stations de base radio qui équipent ces sites. Si personne n’en veut, Orange devra là encore en supporter la gestion et le recyclage. A moins que, en position de force, Free en négocie un bon prix.

Orange, le grand perdant ?

A la lueur des informations aujourd’hui disponibles, Orange ne semble donc pas être l’acteur qui profitera le mieux de cette opération de consolidation. Et pourtant, c’est bien lui l’acquéreur. Ou, du moins, le négociateur du partage des actifs de Bouygues Telecom. En effet, l’opérateur historique pourrait céder les clients de Bouygues Telecom à SFR (Numericable-SFR) pour 4 milliards d’euros tandis que Free se contenterait d’une partie de l’infrastructure et des fréquences (probablement 800 MHz, voire 700 MHz) et d’une centaine de boutiques (sur 300) de Bouygues pour 2 milliards.

Tout le reste serait à la charge d’Orange qui paierait donc 4 milliards une structure télécoms dépouillée de ses principaux joyaux. Sans oublier la division Entreprise de Bouygues Telecom qui devra probablement être revendue pour éviter à Orange de renforcer sa position dominante dans le domaine. Rien ne dit que le groupe dirigé par Stéphane Richard accepte de telles conditions de reprise. Ce dernier répète à foison que l’opération ne se fera pas au détriment des intérêts d’Orange. Sauf si, à ses yeux, la consolidation du secteur vaut bien quelques sacrifices pour espérer stabiliser le marché et, donc, les revenus. Une vision que pourrait faire voler en éclat SFR (Numericable-SFR) qui semble relancer la guerre des prix pour reconquérir une partie des abonnés mobiles et fixes perdus en 2015.


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