Orange et le CHU de Nancy présentent leur vision de l’hôpital du futur

Régulations

La collaboration entre Orange Business et le CHU de Nancy est notamment axée sur la mobilité. Reportage

La ville de Nancy, balayée par un vent glacial, abrite en son sein un singulier hôpital : le CHU de Nancy. Les bâtiments austères de l’ensemble contrastent avec le choix fait par l’hôpital, à savoir mettre au services des médecins, patients et personnels soignants les nouvelles technologies.

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<<< benoît pericard, directeur général du chu de nancy

Le “partenariat bénéfique” salué par Benoît Pericard, directeur général du CHU, est le fruit de la volonté de ce dernier. En 2004, tout juste nommé à la tête du centre hospitalier, il décide de faire appel aux nouvelles technologies. Un choix qui débute par l’introduction de la VoIP. Au départ, c’étaient plutôt les finances de l’hôpital qu’il fallait soigner…

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<<< Terminal dédié au poste de soin

Désormais, l’hôpital souhaite mener plus en avant ce projet. Une collaboration avec Orange Business Services s’ensuit, d’où découle le projet “Hospital Connected“. Pour Orange Santé, il faut exploiter Internet, le mobile et le haut débit. Pour Eric le Bihan, directeur du programme ‘e-santé’ d’Orange, il s’agit de voir plus loin. Notamment du côté de la mobilité. “Les médecins et infirmières en déplacement vont demander des moyens pour pouvoir rendre compte sur des patients“.

Selon Orange, plusieurs éléments viennent corroborer cette thèse. Contacter l’infirmière, contrôler les déplacements d’un patient pour l’infirmière, rester joignable à tous moments pour le médecin, rester en contact avec ses proches pour le patients sont autant d’éléments qui permettent d’améliorer l’efficacité du corps soignant…

L’opérateur a donc imaginé toute une batterie de terminaux aptes à répondre à ces problématiques indoor. Démonstration à l’appui. Un mobile pour l’infirmière, ce qui la rend joignable à tous moments par ses patients. Un “bracelet d’errance” permet aux infirmières de contrôler les déplacements des malades. Plus adaptés aux personnes atteintes dAlzeimer, le bracelet fonctionne grâce à des bornes Wi-Fi placées près des accès de sorties.

L’unité mobile, composée d’un clavier et d’un tablet PC est destinée aux médecins et aux infirmières. Muni d’une connexion WiFi et d’un appareil photo, le tablet PC permet d’identifier un patient par code barre et d’authentifier son parcours de soin. Des Pda et un micro-bracelet WiFi à porter aux poignet complète le dispositif.

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<<< Le professeur Jean Grosdidier et le terminal multimedia

Le terminal multimédia dédié au patient est un concentré d’application. Une carte permet aux professionnels de s’identifier et d’accéder au dossier médical du patient. L’authentification peut aussi s’effectuer par le biais du RFID. Une carte de 20 euros permet au patient de téléphoner, surfer ou encore d’écouter la radio. Le tout par IP. Le terminal se veut ludique et pratique. L’investissement consenti par l’hôpital pour ces terminaux s’élève à 200.000 euros.

Un matériel de rêve donc. “Aucun hôpital ne dispose de tout ce matériel”, précise Jean Marc Virion, le directeur des services informatiques. Pour le moment, le CHU de Nancy a installé des terminaux multimédia dans une soixantaine de chambres, dans le bâtiment Grosdidier. Les services disposent d’un terminal WiFi qui leur fournit un accès à un serveur d’images. Un logiciel leur permet de gérer les médicaments en temps réel.

Orange n’est pas parti de zéro. Le CHU disposait d’une architecture préexistante. Un réseau IP relie déjà les différents sites de la structure hospitalière. Le CHU s’appuie aussi sur le réseau de fibre optique installé par la ville de Nancy. Orange, en tant intégrateur, a du avant tout procéder à quelques ajustements. “Le réseau de l’hôpital était éclaté. Un réseau pour la vidéo, un pour les logiciels métiers, un pour les paies”, explique Marc Blanchet, le directeur service Intégration France chez Orange. “Nous avons unifié le réseau grâce à l’IP. Téléphonie sur IP, téléphone sans fil IP, Serveur d’interface, téléphone infirmière. Le tout grâce à Internet”., sous écosystème Cisco.

Le CHU de Nancy est à ce jour le seul hôpital à disposer d’un tel matériel. Ni les États-Unis, ni l’Angleterre ne dispose à ce jour de telles installations. Avec cet structure, la France possède une sérieuse avance. Orange Business Service dispose d’une vitrine de choix.

En dehors de l’hôpital, il y a aussi beaucoup à faire. Selon un sondage réalisé pour Orange, il semblerait que les attentes soient fortes. Environ 83% des patients et 72% des médecins interrogés envisagent le maintient à domicile des personnes handicapées comme une problématique d’avenir. Tout comme le marché. Les solutions de télémédecine, comme par exemple la possibilité par le patient de prendre et d’envoyer en ligne ses constantes, sont actuellement en plein développement. IBM a ainsi mis au point un système de visite virtuelle à domicile avec le département d’oncologie de l’Hôpital européen Georges Pompidou.

Le patient sous chimiothérapie peut de chez lui, envoyer en ligne une série de mesures grâce à des capteurs et une liaison Machine to Machine Internet. On imagine l’amélioration de la qualité de vie.

“Les premiers résultats générés lors de l’évaluation sont très satisfaisants “, nous expliquait le Dr Florian Scotté. “Le patient a le sentiment d’être mieux pris en charge, plus surveillé par l’équipe et il se sent acteur des soins, impliqué dans son accompagnement. C’est un suivi qui permet une meilleure anticipation de l’évolution de l’état de santé du patient et donc la limitation des passages aux urgences”.

Avec une croissance comprise entre 15 et 20% sur 5 ans, le secteur de l’e-santé a de beaux jours devant lui.

Quand l’e-santé intéresse aussi SFR…Heureux hasard… Une journée après le voyage de presse organisé par Orange, SFR annonce le lancement de deux nouveaux services. “E-care” est destiné à détecter une possible chute ou position anormale et “e-rappel”, un service conçu comme un pense-bête qui vise à rappeler à heure fixe la prise de médicament. Les services fonctionneraient via un pendentif porté par l’utilisateur. Le dispositif est toujours en phase de test. Les malades pourraient s’émouvoir de constater une telle sollicitude de la part des opérateurs…

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