OSv, un système d’exploitation cloud dédié aux machines virtuelles

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Encore à l’état de version alpha, OSv se veut spécifiquement adapté aux VM. Il se montre rapide et compact. Une alternative aux conteneurs ?

Dans le monde du cloud, la virtualisation tient un rôle essentiel. C’est elle qui permet d’obtenir la flexibilité requise pour répartir les tâches entre les serveurs. Afin de réduire la charge des machines, il est possible d’opter pour un hyperviseur de bas niveau, s’appuyant sur un OS minimal. Cette approche, OSv la transpose aux machines virtuelles (VM).

OSv est en effet un système d’exploitation minimaliste, dédié spécifiquement aux environnements virtualisés. Il n’intègre aucun pilote pour du matériel physique et ne propose aucun support multiutilisateur. Une offre adaptée au monde des machines virtuelles, où un seul logiciel est en général installé au sein d’une VM.

Posix et Java

Les applications tournent entièrement dans l’espace mémoire réservé au kernel. Ceci élimine l’impact lié aux changements de contexte, courants dans le monde Unix traditionnel. La pile de base s’appuie en grande partie sur FreeBSD. Elle comprend un noyau, une couche réseau et le système de fichiers ZFS.

Côté applications, OSv est compatible avec les titres Posix et Java, via l’intégration en standard d’une JVM. Un choix judicieux pour les entreprises, qui utilisent massivement Java. Ceci ouvre également la voie à l’installation d’un serveur d’applications Java (qui, lui, sera adapté au lancement de plusieurs logiciels au sein d’une même VM).

OSv permet de créer des images virtuelles compatibles avec les hyperviseurs KVM, VirtualBox, VMware (ESXi et Workstation) et Xen. Elles pourront être également directement déployées sur le cloud public EC2 d’Amazon, ainsi que sur le Compute Engine de Google.

L’outil Capstan offre de créer des machines virtuelles OSv, avec la même facilité que celle apportée par Docker dans le monde des conteneurs Linux. Notez que cet outil est accessible sous Windows, OS X et Linux. La gestion des VM passe au choix par une console SSH ou l’utilisation d’une API REST.

Un OS turbo

Allégé au maximum, ce système d’exploitation se veut particulièrement rapide. Sous memcached, les performances sont ainsi jusqu’à quatre fois supérieures à celles obtenues à l’aide d’une VM Linux.

Le benchmark Spec JVM montre lui aussi quelques gains en vitesse. Notez que la machine virtuelle Java intégrée à cette offre devrait prochainement être optimisée, via une communication directe avec le kernel du système.

Le test Netperf montre des gains pouvant aller jusqu’à 77 %. Cette offre peut ainsi viser le marché des solutions NFV (Network Function Virtualization), qui requière une disponibilité à 99,9999 %, des temps de latence inférieurs à 20 microsecondes et une bande passante supérieure au Tb/s.

Un long chemin restera toutefois à parcourir. OSv n’est en effet aujourd’hui disponible qu’en version alpha. L’intégration de fonctions de monitoring et d’audit est la prochaine étape attendue. La livraison d’appliances prêtes à l’emploi (JBoss, MongoDB, Nginx, Redis, etc.) est également sur la feuille de route de ce produit. OSv sera alors très proche de la version bêta.

Notez que cette solution n’est actuellement accessible qu’en version x86 64 bits. Son adaptation aux serveurs ARM 64 bits et IBM Power est toutefois d’ores et déjà programmée.

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