P2P: le gouvernement va inonder les réseaux avec un message de sensibilisation

Régulations

Nouvelle initiative pour lutter contre le piratage musical: un message de sensibilisation sera inséré dans de vrais-faux fichiers musicaux, qui seront mis en réseau sur la plupart des plate-formes de peer-to-peer

La sensibilisation plutôt que la répression à 100%: voici la nouvelle stratégie du gouvernement, des fournisseurs d’accès à Internet et de l’Industrie du disque pour endiguer le phénomène du peer-to-peer.

Pour la première fois, les acteurs en présence vont utiliser les mêmes armes que leurs ennemis, à savoir ces fameux réseaux d’échange libres et gratuits. Comment? C’est très simple, un message lu par l’animateur Ariel Wizman va être envoyé aux “internautes pirates” par l’intermédiaire de fichiers émissaires adressés aux différents logiciels d’échange. Ce message sera inséré dans le fichier support du morceau de musique avec l’autorisation des artistes interprètes. Traduction, de faux-vrais morceaux d’artistes célèbres vont inonder les plate-formes d’échange. Mais au lieu de télécharger le dit morceau, l’internaute recevra en fait ce message de sensibilisation. Une tactique déjà utilisée aux Etats-Unis où les Majors inondent les réseaux de ‘fakes’ (faux morceaux) afin de dissuader les adeptes du P2P. Le message se veut à la fois informatif et menaçant: “Bonjour, Ceci est message d’information du ministère délégué à l’Industrie. Vous venez de tenter de télécharger un fichier musical protégé. Ce faisant, vous faites courir des dangers non seulement aux artistes et à l’industrie musicale, mais aussi à vous-même: vous pouvez facilement être identifié et poursuivi devant la justice par les ayants droit; vous risquez aussi d’attraper un virus informatique. Pour profiter de la musique en toute liberté, il existe des solutions de téléchargement légales et sans risques. Alors pourquoi continuez-vous à vous exposer?”. Pendant cette campagne, qui durera deux mois, près de 100.000 faux fichiers musicaux dotés de ce message vont être diffusés sur internet. Ce nouveau dispositif illustre un changement de ton de la part de l’Industrie musicale, fortement critiquée (autant par les observateurs que par les artistes) pour les procès engagés un peu au hasard et avec une certaine brutalité contre des adeptes du téléchargement illégal. Une cinquantaine de plaintes ont ainsi été déposées l’été dernier et un premier procès s’est déroulé en décembre (voir nos articles). Aujourd’hui, le secteur teste donc de nouvelles armes. Il y a donc cette campagne de sensibilisation mais aussi le recours à la coupure de l’accès Internet sur décision d’un juge. Une mesure jugée moins brutale que les procès et les perquisitions à 6 heure du matin. En effet, pour Patrick Devedjian, ministre de l’Industrie, l’équilibre entre repression et pédagogie est précieux. Il s’est dit convaincu qu’une réponse graduée peut être non seulement plus équitable mais aussi plus efficace qu’une répression brutale et aveugle. Pour autant, l’Industrie continue à concentrer ses efforts contre les internautes accusés d’être les responsables de la crise du secteur. Une idée de moisn en moins acceptée. Comme le souligne Patrick Devedjian, le piratage n’est pas le seul responsable du recul du marché du disque. Enfin, le manque d’attractivité des plate-formes légales: prix élevés, interopérabilité inexistante… pousse encore de nombreux internautes à se tourner vers le P2P qui attire chaque mois des centaines de millers d’utilisateurs supplémentaires.


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