Patrice Gommy (SGI) : «Nos solutions assurent une réduction énergétique de 95%»

CloudStockage

Rapport sécurité, vitesse, coût et niveau de service… Patrice Gommy, Alliances and Marketing Manager Europe du Sud chez SGI, revient sur l’annonce InfiniteStorage Gateway du fournisseur de solutions informatiques.

Par l’intermédiaire de Patrice Gommy, Alliances and Marketing Manager Europe du Sud, SGI revient sur la stratégie de son offre InfiniteStorage face aux problématiques de stockage des entreprises dans un environnement toujours plus lié au cloud.

Silicon.fr : Quels sont les gains de la solution en terme de réduction de la consommation énergétique ?

Patrice Gommy : Les chiffres officiels que nous fournissons, en comparaison avec une baie classique SGI ou de la concurrence, annoncent un gain moyen de l’ordre d’une réduction de 80 % de la facture électrique. Dans la réalité, en usage chez un client français et mesurés sur deux années de production, les chiffres sont de l’ordre d’une réduction de 95 %. C’est colossal ! Mais au-delà de la réduction de consommation énergétique, c’est la criticité de l’information qui guide le choix du disque plutôt que la bande. Surtout que ce client a constaté que dans 20 % des cas il y a corruption de la donnée sur bande, qui ne permet pas de la récupérer… Eviter cette perte de donnée est autrement plus important que de réduire de 95 % la consommation d’électricité.

Le disque présente également un risque d’obsolescence et un taux d’erreur. Comment le gérez-vous ?

La technologie de nos plates-formes MAID (Massive Array of Idle Disks) n’est pas que l’extinction du disque. A l’intérieur de la baie MIS (Modular InfiniteStorage Server) prend place un logiciel nommé Aerobic, qui est intégré dans la . Il teste régulièrement les disques en les activant même s’ils sont en sommeil, afin de vérifier l’absence de corruption silencieuse et de s’en prémunir. La technologie permet de ré-indexer certains inodes, en regardant s’ils n’ont pas été corrompus, et non pas les données. S’ils sont corrompus, deux copies des inodes sont en attente, et une copie du fichier à risque est réalisée . C’est pour cela que 10 à 20 % de l’espace disque, selon le niveau de SLA demandé, est réservé au traitement de la corruption de données potentielle, et à la copie des données qui sont l’objet d’un risque potentiel. Si l’utilisateur demande l’ouverture d’un fichier contenu dans une zone corrompue, c’est la copie qui lui est proposée. C’est une technologie logicielle complexe, et c’est pour cela que nos concurrents préfèrent proposer des bandes ou exploitent les disques à 50 % de leurs capacités. Il est plus simple de ralentir un disque que de développer du logiciel pour offrir ces fonctionnalités ! C’est comme cela que nous sommes garants de l’absence de perte de données. Nos clients qui ont des technologies MAID n’ont jamais perdu leurs données depuis cinq ans que la solution est en production.

Quelle est la scalabilité de votre équipement ?

La brique unitaire, un seul module SGI InfiniteStorage Gateway, permet d’embarquer jusqu’à 72 disques de 2, 3 ou 4 To. Soit un maximum de 288 To sur un rack 4U. A côté de ces disques, le client dispose de 1 ou 2 serveurs, selon la criticité et le niveau de sécurité recherchés. Entre 10 et 20 % de la capacité de ces disques est réservée à la technologie MAID. En matière de scalabilité, chaque rack 4U se connecte à un autre rack. C’est la même technologie que l’on retrouve sur un cluster de calcul, sous Linux. A partir du moment où les serveurs sont sur la même baie, ils partagent les données, une fois déclarées les zones réservées à MAID dans chaque rack 4U.

Pouvez-vous mixer du HDD et du SSD ?

C’est une des grandes forces de notre technologie de pouvoir mixer des disques en fonction des besoins de performance. Par exemple du SSD pour les métadonnées afin de les retrouver immédiatement, et du disque SATA ou plus rapide. C’est lié à la péréquation que souhaite réaliser le client entre sécurité, vitesse et coût. Par exemple, du disque SATA et un double serveur permettent d’avoir de la sécurité au meilleur coût. Quant à nos clients archivages, ils ne se préoccupent pas de la performance.

Comment se positionne cette solution au sein de votre offre ?

Sur le stockage, nous proposons deux types de solutions. De la performance avec le maximum de bande passante et d’I/O, avec des baies LSI et TPN, composées d’un gros contrôleur et de beaucoup d’entrées/sorties. Ces baies sont quasi réservées au marché du HPC et de la vidéo temps réel. Nous réalisons 80 % de notre chiffre d’affaires sur ces technologies. L’autre partie concerne MIS, avec un positionnement de prix au giga. Elle répond au besoin d’archiver de très gros volume ou à un besoin qui va émerger dans ce sens pour des raisons métiers. Nos clients ont alors besoin moins de puissance que de volumétrie.

Nous avons constaté chez les clients qui veulent mettre en place un cloud de stockage interne, leur référence demeure Amazon ou DropBox. Ils ont le choix de mettre leurs données sur Amazon, France Telecom ou SFR. La question porte alors sur le coût d’un ‘cloud storage’ en interne. Cela ne coûte pas forcément moins cher, mais est-ce que le rapport prix/performance/niveau de service est intéressant ? C’est cette typologie d’usage que nous visons avec la famille MIS.

Que se passe-t-il sur le terrain ?

Nous rencontrons deux phénomènes : la criticité de la donnée versus paranoïa des DSI et directions générales ; et la réversibilité. Beaucoup de clients qui hésitent à basculer dans le cloud s’interrogent sur leur capacité à récupérer leurs données dans le temps, à la fois dans le futur et sur la durée qui sera nécessaire pour les récupérer. Tout le monde sait faire du upload, mais quelles sont les garanties pour le download ? Quelles sont les capacités de download ? le client aura-t-il une baie de disque suffisante pour rapatrier toute la donnée, quelles sont les technologies et les performances des infrastructures de stockage de l’hébergeur ? Certes, pour stocker des données qui ne servent plus à rien, le cloud est le moins cher. Mais pour d’autres données, l’interne a sa place. Nous ne voyons pas de tendance de fond à mettre tout le monde dans le cloud sur le seul argument du prix ! Mais en revanche, quand nos clients résonnent cloud de stockage en interne, ils doivent mesurer l’intérêt de stocker les données en externe face à la problématique de leur rapatriement. C’est là que la DSI joue un rôle important.

Vous avez annoncé un partenariat avec Scality. Qu’en est-il en France ?

L’accueil est très favorable. La technologie ring de Scality placée sur notre technologie MIS se destine à des clients qui disposent d’une volumétrie importante ou qui le deviendra avec un facteur de croissance important. Nous le proposons en priorité aux entreprises qui ont beaucoup de données, comme la banque, les telcos, l’industrie. Lorsque l’on pose l’équation, nos clients constatent un intérêt financier. Scality nous place au tarif d’Amazon, et le client reste maître de son destin, à savoir une infrastructure interne au prix d’un prestataire externe. C’est une vraie réflexion autour de la création d’un système interne sur le modèle de DropBox avec une solution cloud storage de rupture. Nous rencontrons de nouvelles opportunités que nous n’aurions pu avoir sans Scality.


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