Pénurie d’informaticiens : en Inde aussi

Régulations

Les écoles et les instituts technologiques peinent à répondre à une demande
toujours plus forte

En Inde, la machine s’emballe. Alors que le secteur informatique croît de 30% par an dans le pays, les entreprises peinent à recruter. Les jeunes ne délaissent pas les carrières technologiques (comme en France, provoquant aussi une relative pénurie de compétences), ils ne sont tout simplement pas assez nombreux pour répondre aux besoins du marché.

Le secteur emploie aujourd’hui un million de personnes, un chiffre qui devrait passer à 2,5 millions en 2010 ! 500.000 recrutements devront avoir lieu chaque année, alors que le pays ne forme que 400.000 jeunes par an.

Selon un reportage du Monde, les entreprises de la région de Bangalore (qui concentre toutes les grandes sociétés IT) doivent faire face, outre à une pénurie quantitative, à un turn-over des salariés important. De plus , les problèmes d’infrastructures (routes et logements) amplifient le phénomène.

Par ailleurs, les formations ne correspondent toujours pas aux réelles demandes des entreprises. Seul un quart des diplômés est opérationnel, s’alarme le Nasscom, le patronat des entreprises IT.

Enfin, les trois quarts des jeunes diplômés sont embauchés par les sept plus grosses entreprises du secteur, laissant des miettes aux milliers de PME high-tech du pays.

Face à une offre largement supérieure à la demande, les entreprises doivent multiplier les avantages pour séduire et retenir leurs salariés : rémunération en hausse, conditions de travail… La surenchère n’est pas loin.

Et les difficultés sont telles que certaines entreprises, notamment dans les centres d’appel, sont obligées de délocaliser en Chine. Beau paradoxe pour un pays qui sert déjà de base externe aux géants occidentaux.


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