La donnée, une priorité en quête de budget dans les entreprises

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Mené par IDC pour MTI/EMC/Cisco, l’Observatoire de la donnée apporte un éclairage contrasté. La donnée est réellement perçue comme stratégique, mais les entreprises affichent peu de maturité sur le stockage, pour lequel de nouveaux talents s’imposent.

Sponsorisé par MTI, EMC et Cisco, l’Observatoire de la donnée permet de faire un point sur la façon dont les organisations perçoivent le stockage de ces données et leur exploitation. Le cabinet IDC a mené cette étude en juin 2014 auprès de responsables informatiques de 200 entreprises de plus de 500 salariés, dans tous les secteurs d’activité.

Transformation numérique des entreprises, automatisation des processus, numérisation des transactions économiques et sociales… Les volumes de données explosent, et ces informations occupent une place de plus en plus stratégique dans les entreprises. Sans oublier les copies et réplications, puisque les diverses études montrent que les données sont en moyenne recopiées 7 fois ! D’ailleurs, 98% des entreprises ont constaté une hausse depuis 2 ans, et 94% d’entre elles prévoient une hausse dans les 2 ans à venir.

Le rôle stratégique de la donnée reconnu

Sur les 4,4 zettaoctets de données dans le monde (estimations IDC), 66% sont générées par la grand public (2,9 Zo) contre 34% par les entreprises (1,5 Zo). « Cependant, seules 5% de ces informations sont analysées alors que 22% pourraient l’être,» explique Sébastien Lamour senior Research and Consulting manager chez IDC. « Et ce taux atteindra 35% en 2020.»
Toutefois, la possibilité d’analyse et l’intérêt des résultats obtenus justifient-ils toujours l’effort et les investissements nécessaires. Même avec des technologies plus abordables de type Big Data (sur infrastructure x86 standard), Hadoop et autres, les ressources humaines spécialisées et les délais représentent un coût non négligeable tandis que les DSI doivent resserrer leur budget.

Première bonne nouvelle : Les données sont considérées comme un actif stratégique pour 70% des entreprises, et 21% pensent que, si ce n’est pas le cas maintenant, « les données prendront une importance croissante.»

Réduction des coûts et sécurité loin devant.
Réduction des coûts et sécurité loin devant.

Priorité à la sécurité. Pas au budget ?

Lorsqu’on demande au sondées leurs priorités informatiques, la réduction des coûts reste en tête avec 74% des réponses. Dans un peloton de tête très détaché, la deuxième place revient à la sécurité (72%). « Et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise,» précise IDC.
Si les entreprises interrogées perçoivent bien l’explosion des données, seuls 49% citent la gestion de ce volume parmi leurs priorités.

« Pourtant, elles comprennent bien le rôle critique de ces informations,» souligne Damian Saura, vice-président Ventes chez MTI France. « Il est donc étonnant de constater à quel point elles n’alignent pas les budgets pour répondre à ces besoins.»
On s’étonnera également de trouver la conformité (obligation légale!) ou l’amélioration des performances à moins de 50%…

Comment fiabiliser l’aide à la décision sans ces étapes ?
Comment fiabiliser l’aide à la décision sans ces étapes ?

La maturité des entreprises sur leur patrimoine informationnel (pourtant bien perçu) n’est vraiment pas au rendez-vous !
Autres chiffres venant conforter cette impression de manque de contrôle et de maîtrise :
– 35% des entreprises n’effectuent pas de contrôle des données
– 43% ne les nettoient pas et 59% ne les standardisent pas
– 49% n’ont pas d’engagements de niveaux de services
– 54% n’ont pas de catalogues de services et pas de projet.
– 58% n’en sont logiquement pas à chercher un mode de visualisation avancé.
Là encore, les acteurs du stockage (et les prestataires de services essentiellement) disposent d’un terrain de jeu d’autant plus conséquent que les entreprises reconnaissent le rôle stratégique de ces données vraiment peu fiabilisées.

Un manque de maîtrise à la source des problèmes ?
Un manque de maîtrise à la source des problèmes ?

Des sources de données vraiment hétérogènes ?

Les données informatiques traditionnelles et les métadonnées représentent 85% à 92 % des informations gérées selon les secteurs et tailles d’entreprises. Pourtant seul 50% du panel affirme maitriser ces sources, et 46% estiment que leur maîtrise est « perfectible ». Un champ d’investigation intéressant pour les acteurs de ce marché.

Contrairement aux idées reçues sur l’entreprise étendue intégrée, 62% reconnaissent n’avoir aucun intérêt pour les données tierces, fournies par des partenaires ou prestataires. Comment s’intéresser aux données externes si l’on ne maîtrise toujours pas les siennes ?
Logiquement les informations issues de systèmes embarqués ne sont pas forcément utiles pour toutes les organisations (57%). En revanche, on peut s’étonner que les données issues de la mobilité (ne serait-ce que les utilisateurs de l’entreprise) ou des consommateurs rencontrent si peu de succès (pas d’intérêt pour 49%). Même si 22% sont « en phase de prise de connaissance » ou y perçoivent un intérêt.

Tous informaticiens ! Ou à chacun son métier ?

Puisque les informations deviennent clairement stratégiques, les responsables informatiques estiment que la direction générale (88%) et les directions métier (83%) doivent être impliquées lors de projets stockage et gestion de données.
Que pourrait apporter une direction générale en assistant à ces projets ? Certes, le budget doit être défendu et obtenu. Cependant, s’il existe une DSI, c’est justement pour assumer et étayer les décisions informatiques. Combien de directeurs généraux s’intéresseraient-ils vraiment à ces problématiques ? Combien d’entre eux comprendraient-ils ? A chacun ses spécialités. Quant aux directions métier, il est bon qu’elles expriment leurs souhaits concernant leurs besoins informatiques, de performances et de disponibilité de l’information. De là à participer activement à un projet de stockage… Demande-t-on aux informaticiens de participer aux ventilations de la direction des achats ou à l’élaboration de plan comptable analytique ?
En revanche, les besoins des métiers de l’entreprise doivent absolument être couverts par l’informatique. Et donc une communication métiers/informatique doit rester au cœur de tout projet. Sinon comment appréhender réellement le besoin et mesurer si la réponse est efficace ?

Pour 51% des entreprises interrogées, il s’agit d’abord de sécuriser l’entreprise en contrôlant mieux la conformité, les fraudes ou l’exposition aux risques. Pour 38% d’entre elles, il s’agit d’optimiser les processus existants (améliorer, étendre ou accélérer ce que font déjà les utilisateurs). Parce que les technologies de stockage peuvent aussi contribuer à l’innovation (de façon transparente pour les métiers, évidemment), 6% des entreprises estiment qu’il s’agit d’innover en développant de nouvelles approches ou de nouveaux modèles.

Des talents pour sécuriser la donnée
Des talents pour sécuriser la donnée

Anticiper le manque de compétences

Très dynamique, le secteur du stockage propose de nombreuses innovations : déduplication, thin provisioning, allocation dynamique (tiering), Software defined storage, etc. C’est pourquoi 76% des entreprises perçoivent une évolution sur les métiers de l’informatique, seules 36M% ont planifié l’acquisition de nouvelles compétences (formation recrutement, etc.)

Le stockage et la disponibilité des infrastructures incarnent une part importante de la sécurisation informatique. Or, les entreprises font face à des défis permanents de sécurisation des données. Il est donc logique qu’elles cherchent à maîtriser des briques technologiques toujours plus nombreuses, de disposer de compétences adéquates pour répondre efficacement aux éventuels incidents.

Dans l’étude, 66% des entreprises mettent loin devant « la sécurisation des données » comme domaine de compétences à développer, loin devant tous les autres domaines de compétences. En deuxième position, la gestion des risques IT (internes et externes) à 36% vient renforcer cet argument.

Le manque de talents sur les réseaux/télécommunication (31%) et sur l’architecture applicative (30%) s’avère effectivement problématique à l’heure des infrastructures cloud et de la consolidation. D’autant plus que les équipements de stockage sont désormais équipés de logiciels de plus en plus intelligents à même d’intervenir au niveau applicatif.
Avec tous ces manques et ces incertitudes, on comprend combien de chemin reste à parcourir pour le stockage en entreprise, et pourquoi ce secteur présente toujours un tel dynamisme.

crédit photo © pro motion pic – Fotolia.com

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Auteur : José Diz
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