Philippe Huguet (NetQuality) : «Le DCN apporte un avantage différenciateur»

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Dirigeant de la société de service NetQuality, Philippe Huguet revient sur le concept innovant du DCN (Data Collection Network) dont il développe une expertise depuis 2 ans.

Créée en 2001, NetQuality est une entreprise française spécialisée dans les services IT et la gestion de performance des grands comptes qui a développé depuis deux ans une expertise en matière de DCN (Data Collection Network) en s’appuyant sur l’offre technologique de l’américain Gigamon qui a développé sa propre solution Visibility Fabric (lire Gigamon VaaS étend et démocratise la visibilité du trafic). « Gigamon a une avance technologique indéniable dans ce domaine », assure Philippe Huguet (photo), directeur général associé de NetQuality.

Remplacer les sondes qui s’accumulent dans le datacenter

« Le concept de DCN, ou réseau de collecte de flux, consiste à créer un réseau de collecte indépendant de celui de la production pour récupérer les flux qui constituent des richesses très intéressantes à exploiter pour les équipes qui en ont besoin (monitoring, sécurité, métiers…) », explique le dirigeant de l’entreprise française. Les appliances DCN s’inscrivent comme un système centralisé visant à remplacer les sondes déployées dans les datacenter (NPM, APM, DLP, IDS…) dont le nombre sans cesse grandissant complexifie la gestion au final.

DCN NetQuality

Schématiquement, les appliances, ou switch de monitoring de Gigamon, sont conçus pour capter les flux et les dupliquer vers les équipements concernés, notamment en évitant le retour à la source des données (sauf exception assumée) contrairement au commutateur classique. « C’est une ingénierie à part, qui nécessite l’étude de points d’expérimentation avant le déploiement des équipements qu’on relie entre eux avec des règles de fonctionnement optimales. » Autrement dit, il s’agit de créer de la valeur en introduisant de l’intelligence dans la restitution des flux. Ce qui passe par leur centralisation et le filtrage des données inutiles permettant ainsi d’optimiser le mode de fonctionnement des équipements qui les reçoivent. « Sans DCN, le gros des ressource est aujourd’hui utilisé pour filtrer les données et ne permet plus de restituer l’état réel du réseau. Aujourd’hui, les équipes techniques passent leur temps à débroussailler… Elles ne le disent pas mais leur réseau est saturé. »

Un diagnostique rapide et distant du réseau

Travaillant de la même manière sur les serveurs que les machines virtuelles, les flux restent in-situ, dans le datacenter de l’entreprise. « La seule fonction est de capter les flux pour les restituer de manière industrielle fiable et sécurisée vers les équipements », insiste Philippe Huguet.

Autre opportunité du DCN, le diagnostique rapide et à distance qu’offre son architecture centralisée face au réseau explosé entre les différents silos de l’entreprise et qui nécessite la remontée des rapports un par un. « En tant qu’opérateur, si je démarre un diagnostique à distance et que j’obtiens un diagnostique de niveau 3 en quelques minutes contre plusieurs heures ou jours dans le modèle classique, c’est un avantage différenciateur. Le DCN permet ainsi de monter une équipe N3 capable de faire un audit du réseau en 10 minutes. »

Une expertise à part

Le DCN nécessite-t-il une expertise à part, donc de nouvelles ressources humaines ? Potentiellement, oui mais, selon Philippe Huguet, l’équipe réseau est à même de s’en charger et en faire une offre à valeur ajoutée en interne. « Il n’y a pas de règle en soi. La plupart du temps, les équipes réseau s’approprient le concept et développent l’expertise autour. Certains clients en ont fait un centre d’expertise international, et proposent des bonnes pratiques à leurs collègues sur la planète. Le DCN présente l’opportunité de développer une vraie expertise technique. »

Au final, outre une simplification de la gestion des performances du réseau, le DCN permettrait de réduire les coûts d’exploitation de 20 à 25%, même si on reste dans une problématique de cas par cas. Par exemple, les besoins en sondes propres à la sécurité sont divisés par deux. Tout comme le facteur humain. « On passe d’une situation artisanale à une situation propre, carrée, professionnelle… » Industrielle en un mot. « Dans un datacenter moderne, l’architecte qui conçoit le réseau pense DCN aujourd’hui, ça doit faire partie des bonne pratique d’urbanisation d’un datacenter, commente Philippe Huguet. Nombre d’architectes viennent aujourd’hui nous voir pour le DCN. »

La France en retard

NetQuality a déployé son offre DCN chez une dizaine sur la trentaine de ses clients grandes banques et assurances, dont « un gros opérateur français qui a déployé un DCN sur plusieurs milliers de ports 10 Gbits dans son datacenter de nouvelle génération » dont Philippe Huguet taira le nom. « Pour les grandes banques et l’assurance, l’informatique devient critique, il faut produire des tableaux de bord fiables, c’est la matière première de prédilection. L’approche DCN est à terme incontournable, elle est encore jeune. »

Notamment en France où Philippe Huguet estime ne pas réellement avoir de concurrence sur ce terrain. « Les gros intégrateurs sont totalement absents car ils ne maitrisent pas les technologies arrières (le monitoring et diagnostic) et ont beaucoup de mal à apporter de la méthodologie. » En revanche, les pays anglo-saxon sont plus avancés. « Les grandes banques anglo-saxonnes ont déployé du DCN dans tous leurs datacenters. Elles offrent une réactivité hyper forte en matière de service client. » Un nouveau marché plein de promesses pour NetQuality qui, avec ses 30 salariés, réalise un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros concentré sur la France. « J’ai des partenaires qui m’incitent à me développer à l’international mais ce n’est pas à l’ordre du jour. » La prochaine étape ?


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