Pierre Queinnec : « L’Open World Forum 2013 place l’innovation sous un angle pragmatique »

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Forum européen du Libre et de l’Open Source, l’Open World Forum 2013 s’ouvre à Paris du 3 au 5 octobre. Pierre Queinnec, son président, fait les présentations.

Rendez-vous européen des décideurs, développeurs et contributeurs de l’écosystème Libre et Open Source, l’Open World Forum (OWF) 2013, piloté par le pôle de compétitivité Systematic, ouvrira ses portes du 3 au 5 octobre à proximité de Paris, au Centre culturel Le Beffroi – Montrouge (Hauts-de-Seine).

Pierre Queinnec, président de cette édition centrée sur l’innovation et sa concrétisation, détaille l’événement.

Silicon.fr – Innovation, mobilité, Cloud, Big data… Comment se distingue cette 6e édition de l’Open World Forum ?

Pierre Queinnec – Pour cette 6e édition de l’Open World Forum, nous sommes repartis d’une feuille blanche afin de créer un programme qui traite des enjeux actuels des directions des systèmes d’information (DSI) vis-à-vis du Logiciel Libre et de l’Open Source, en particulier celui de la concrétisation de l’innovation.

L’Open Source conduit une grande partie de l’innovation logicielle mondiale et notre industrie est arrivée à une étape où elle se doit de concrétiser plus largement, plus systématiquement, ses ambitions d’innovation.

L’Open World Forum aborde cette concrétisation sous un angle extrêmement pragmatique. Pour ce faire, nous avons privilégié uniquement les retours d’expérience de DSI utilisatrices et contributrices, aussi bien de grandes sociétés du web comme Twitter que d’industriels.

Les thématiques abordées dans le cadre du forum vont de l’état actuel des politiques publiques vis-à-vis du Logiciel Libre aux relations des divisions achats à l’Open Source, en passant par l’éducation et la formation. Dans un contexte de plein emploi dans notre filière et de recrutement difficile, il est primordial de repenser la formation aux métiers de l’Open Source afin de permettre aux sociétés du Libre d’atteindre leur plein potentiel.

En termes technologiques, l’Open World Forum reviendra sur quatre piliers de l’innovation numérique actuelle, tous portés par la vague Open Source : la Mobilité, avec les projets Android, Firefox OS, Tizen ; le secteur du Big Data et du NewSQL, avec des produits comme Apache Hadoop, PostgreSQL, MariaDB ; le Cloud Computing, avec des problématiques de portabilité entre clouds concurrents et d’orchestration ; et, enfin, le futur du Web, afin d’aborder les nouveaux outils et frameworks qui arrivent sur le marché.

Le cap des 3000 participants sera-t-il franchi en 2013 ?

C’est avec plaisir que nous voyons le public de l’Open World Forum grossir chaque année depuis six ans et nous avons effectivement le but de franchir ce cap pour cette édition 2013. J’ajoute qu’il est important pour la France de pouvoir héberger sur son sol le plus grand forum du Logiciel Libre et de l’Open Source en Europe, et pour l’écosystème des acteurs français du libre de bénéficier d’une telle plateforme.

Nous constatons que de plus en plus de DSI envoient leurs représentants, décideurs et responsables technologiques, afin de bénéficier de l’expertise collective réunie lors de l’OWF. Le programme de cette année a été profondément retravaillé pour répondre à leurs attentes et nous avons la chance d’accueillir de nombreuses personnalités IT internationales venues en France pour l’occasion.

Je vous invite par conséquent à réserver sans attendre votre place gratuite sur le site de l’Open World Forum.

Sur les marchés publics, le logiciel Libre et l’Open Source sont des éléments de différenciation bienvenus. Qu’en est-il dans le secteur privé ?

La pérennité des technologies libres, leur interopérabilité sont des atouts majeurs. Le fait de pouvoir réellement être propriétaire de son système d’information (SI) est aussi extrêmement important pour les clients privés finaux. Cela permet de mettre en concurrence les acteurs et de ne pas dépendre de prix fixés chaque année par un unique éditeur.

Par ailleurs, on constate chez les clients finaux les plus avancés sur le sujet de véritables gains supplémentaires sur la mutualisation des efforts de développement. Au final, il n’est pas rare que plusieurs clients veulent avoir la même nouvelle fonctionnalité métier ou même technique. Et l’on assiste de plus en plus aujourd’hui au reversement de développements internes qui permettent de mutualiser le coût de maintenance ou de constituer une base qui sera améliorée par d’autres.

Quels sont les chiffres clés de la filière en France ?

Aujourd’hui, 43% des entreprises utilisent des logiciels libres (source : Insee, 2012). La filière est sur une croissance annuelle de plus de 30%. En 2012, le Logiciel Libre représente environ 10% des dépenses IT et la croissance du marché Open Source est plus rapide que la croissance du marché IT.

En France, la filière Libre et Open Source représente un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, soit 6% des logiciels et services (étude PAC, 2012), et emploie plus de 30 000 personnes réparties entre clients majeurs (administrations…), grands intégrateurs (Capgemini, Atos, Sopra…) ou l’une des 300 entreprises de taille moyenne françaises (source : CNLL, janvier 2013).

La France a de nombreux atouts pour accroître son influence dans le Logiciel Libre et accompagner la transition de ses PME appelées à devenir des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Toutefois, pour cela il faut que nous nous posions les bonnes questions sur notre formation professionnelle et sur notre attractivité.

Rendez-vous à l’Open World Forum pour en parler !


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Auteur : Ariane Beky
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