Piratage: Devedjian décharge le ‘peer-to-Peer’

Régulations

Le ministre de l’Industrie tance les Majors: les disques sont trop chers et la production trop pauvre. Mais la question de la TVA reste en suspens…

Le discours réducteur des grandes maisons de disque à propos des problèmes de piratage perd de sa crédibilité jour après jour. Pour le SNEP (Syndicat National des Editeurs Phonographiques), les baisses des ventes de CD (-15% en 2003) n’ont qu’une seule explication: le piratage sur Internet et le ‘peer-to-peer’.

Malgré une propagande bien orchestrée, des voix alternatives (différentes sociétés d’auteurs: l’Adami, la Spedidam…, des associations de consommateurs, des études indépendantes) n’ont cessé d’avancer d’autres explications qui, avec le piratage, expliquent les difficultés du secteur. Des arguments repris aujourd’hui par Patrick Devedjian, notre ministre délégué à l’Industrie. Après avoir tancé les opérateurs de téléphonie mobile, le ministre s’attaque aux Majors de l’édition musicale. Dans un entretien au Parisien, Patrick Devedjian réclame une baisse du prix des disques. S’il considère que “la piraterie est un drame pour l’industrie musicale” et qu’il “faut la combattre”, Patrick Devedjian estime que “la responsabilité des industriels est également engagée dans cette affaire”. “J’ai mené une enquête pour savoir pourquoi les jeunes piratent”, explique-t-il. “La réponse est limpide: les disques sont trop chers et certains titres ne sont plus disponibles que sur Internet”. Baisser le prix des disques n’implique pas forcément de baisser le taux de TVA (supportée par l’Etat). “Réclamer la baisse de la TVA sur le disque n’équivaut-il pas à mener une bataille désormais d’arrière garde?”, s’interroge-t-il. “Lorsque la TVA est passée jadis de 33% à 18,6%, les prix payés par le consommateur, eux, n’ont baissé que de 8%!”. Aux éditeurs donc de prendre leur responsabilité et de supporter la totalité de cette éventuelle baisse. Prix des disques mais aussi pauvreté éditoriale: “Des responsables du secteur considèrent depuis des années qu’il est plus profitable pour eux de fabriquer des vedettes pour vendre des disques”. Et de s’exclamer: “ça n’a strictement rien à voir avec Internet et la piraterie!”. Enfin, si l’alternative des plates-formes légales est indispensable, le ministre considère que celle-ci est encore trop chère. Du côté des éditeurs on se déclare “surpris” de cette charge. Mais on se contente de réagir sur la TVA. Dans un communiqué, l’Union des Producteurs Phonographiques Français Indépendants (UPFI) apprend “avec consternation les déclarations (du ministre) concernant la baisse de la TVA sur le disque”. De son côté, le SNEP regrette également que le problème de la TVA ne soit pas pris en compte. “Cet engagement a été pris par le président de la République et le Premier ministre. Et il a été récemment réaffirmé par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, sans aucune ambiguïté”, affirme le syndicat.


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