Piratage : la Hadopi a envoyé 100.000 e-mails d’avertissement

Sécurité

La structure chargée de lutter contre le téléchargement illégal des films et de la musique en France est encore loin de ses objectifs. Les ayants droit râlent…

La machine anti-piratage a pris son rythme de croisière en France. La Hadopi révèle que, en l’espace de deux mois, 100.000 e-mails d’avertissement, première étape de la riposte graduée, ont été envoyés aux internautes soupçonnés de téléchargement illégal, a révélé Eric Walter, le secrétaire général de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, dans un entretien accordé au quotidien Le Monde. Il souligne ainsi que 2000 courriels sont expédiés en moyenne chaque jour. « Un jour, on envoie 4 000 mails, un autre jour 500 », note Eric Walter selon des propos repris par ITespresso.fr.

Malgré cette volonté de transparence, il convient de rappeler que ces chiffres sont encore loin de l’objectif initial fixé en 2009 par le gouvernement, qui prévoyait l’envoi de 10000 courriels quotidiens. L’Hadopi a encore une bonne marge de manœuvre… D’autant que les ayants-droit et leurs représentants voudraient que la Haute Autorité passe rapidement à la vitesse supérieure.

Ces ayants-droit, de leur côté, seraient en mesure de soumettre quelques 50.000 requêtes par jour à la Commission de Protection des Droits (CPD), chargée de trier les adresses IP repérées lors d’échanges illégaux de contenus protégés par le droit d’auteur en ligne avant d’effectuer les demandes d’identification des abonnés correspondant auprès des fournisseurs d’accès.

« Il y a un fossé considérable entre nos 25 000 « incidents » détectés par jour et la réponse de l’Hadopi. Pour nous, la situation n’est pas satisfaisante. A très court terme, nous souhaitons que l’Hadopi puisse envoyer autant de mails qu’elle reçoit d’adresses suspectes. La dissuasion suppose que le message adressé aux internautes soit massif », martèle Jérôme Roger, le directeur général de la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF), rapporte Le Monde. Autrement dit, la phase d’industrialisation du traitement des adresses IP n’est pas encore à l’ordre du jour du côté de la Hadopi.

Le Monde souligne ainsi que 25.000 adresses IP rapportées proviennent « des sociétés de perception et de répartition des droits dans le secteur musical » (la Sacem, la SCPP, la SPPF..) et 25.000 autre émanent des professionnels de l’ALPA (Association de lutte contre le piratage audiovisuel).


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