Plan social sanglant chez NXP

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Le fondeur qui s’est rapproché de STMicroelectronics annonce la suppression de 4.500 postes et la fermeture de plusieurs usines, dont celle de Caen

On savait que NXP allait annoncer de mauvaises nouvelles. Mais à ce point…. Fin août, Frans van Houten, patron néerlandais de NXP (ex-Philips semi-conducteurs) a indiqué qu’il s’apprêtait à “annoncer des mesures substantielles”. D o ux euphémisme pour évoquer un plan social. Ce vendredi le couperet est tombé et autant dire qu’il est violent.

Le fondeur annonce en effet la suppression de 4.500 postes dans le monde sur un effectif total de 31.000 personnes. Quasiment toutes les fonctions seront touchées (ouvriers, R&D, support). Par ailleurs, quatre usines seront fermées ou vendues. L’unité de production de Caen n’échappe pas aux coupes claires. Cette usine qui emploie un millier de personnes sera vendue, annonce le groupe dans un communiqué. Elle sera fermée si aucun repreneur ne se manifeste. Ce plan doit permettre au fondeur d’économiser 550 millions de dollars par an.

Le syndicat FNV Bondgenoten s’est dit choqué par l’ampleur des suppressions d’emplois.“Nous savions que la réorganisation se ferait sur une échelle importante, mais 4.500, c’est énorme”, estime le syndicat.

Le groupe justifie cette restructuration par un contexte économique difficile, un dollar faible et surtout une activité dans les semi-conducteurs morose, notamment à cause de prix en forte baisse. Lors du dernier trimestre, NXP a enregistré 330 millions d’euros de pertes. Dans le même temps, son chiffre d’affaires reculait de 1,9%. Un programme d’économie de 100 millions d’euros avait été lancé pour tenter de redresser la barre. L’initiative était restée sans effets majeurs.

“C’est un plan difficile notamment en termes d’emploi mais ces changements sont indispensables pour que NXP retrouve la santé et le chemin de la croissance”, explique Frans van Houten.

Pour mieux coller aux attentes du marché, NXP et le franco-italien ST Microelectronics ont annoncé il y a quelques mois une co-entreprise, détenue principalement par le second. Elle regroupe l’activité téléphones mobiles des deux sociétés. En France, NXP y a transféré 800 salariés (dont une centaine de Colombelles), sur 2.000.


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