Processeurs : AMD mise sur le mariage du x86 et des puces graphiques

Composants

Fort d’un retour aux bénéfices en 2013, AMD affiche de grandes ambitions pour 2015 en tirant parti de l’appétence du marché pour les architectures hybrides x86-GPU.

« 2014 sera une année critique pour AMD, déclare Alain Nguyen, directeur général de la filiale française du concepteur de processeurs (ci-dessous en photo). AMD veut accélérer ses développements sur les segments en croissance importante comme l’embarqué. » Selon le dirigeant, la part du chiffre d’affaires issue de l’embedded passera de 30% aujourd’hui à 50% en 2015.

Rappelons qu’une partie des 30% provient du marché des dernières générations de consoles de salon que les puces d’AMD équipe en masse désormais. Consoles dont les ventes auraient dépassé les 7 millions d’exemplaires à la fin de l’année dernière et qui devraient allègrement franchir les 100 millions au cours de leur carrière (la Xbox 360 et PlayStation 3 se sont vendues à plus de 80 millions d’unités chacune). Une belle opportunité qui participe aux résultats financiers encourageants d’AMD en 2013 (lire Résultats financiers 2013 : AMD renoue avec les bénéfices).

Alain Nguyen, directeur général AMD FranceSe diversifier sur l’embarqué

L’entreprise de Sunnyvale n’entend pas se reposer sur ses lauriers. D’autant que l’essentiel du chiffre d’affaires est aujourd’hui porté par les processeurs graphiques. « AMD va se stabiliser sur le marché du PC (desktop, notebook et tablettes) et étendre son portefeuille vers les consoles, les datacenters et l’embedded, indique le dirigeant. Nous faisons le pari que le monde IT va changer rapidement et AMD est mieux placé pour y répondre grâce à la diversification de notre portefeuille dans les segments en croissance. » Lesquels ? AMD ne le précise pas encore. On pense à l’automobile, les futurs téléviseurs 4K (format aujourd’hui supporté par les cartes FirePro) ou plus globalement le vaste Internet des objets.

En attendant l’adoption prochaine de l’architecture ARM (lire AMD livrera ses CPU ARM 64 bits pour serveurs début 2014), la réponse passera notamment par l’offre Kaveri, nom de code de la nouvelle génération d’APU (Accelerated Processing Unit) qui associe architecture x86 et cœur graphique (Radeon) dans un seul composant (SoC ou Silicium on chip). Outre sa composante hybride (abordée depuis plusieurs années déjà par l’entreprise américaine), Kaveri s’inscrit comme le premier produit HSA (Heterogeneous System Architecture), une architecture visant à optimiser toujours plus les performances en regard de la consommation énergétique. Rien de nouveau de ce côté.

12 cœurs, 856 Gflops

Sauf que HSA est animée sous forme d’une fondation par de nombreux acteurs dont Samsung, Qualcomm, ARM ou Texas Instruments, qui représentent les deux tiers des objets connectés commercialisés (soit plus de 800 millions d’unités aujourd’hui et un potentiel de plus de 2 milliards en 2016). Un joli tremplin pour AMD auprès des constructeurs.

Disponible sur le marché (en boîte et en volume auprès des constructeurs) depuis le 14 janvier en deux modèles (A10-7850K et A10-7700K) pour desktop (modèles 2 et 4 cœurs CPU et jusqu’à 8 cœurs graphiques), Kaveri est conçu pour atteindre les 856 Gflops (856 milliards d’opérations par seconde). De quoi répondre à la fois aux besoins propres des usages courants (avec notamment support du son spacialisé TrueAudio), aux jeux et calculs graphiques. Gravé en 28 nm, Kaveri se déclinera pour le marché des laptops, tablettes/2-en-un (Beema) et l’embarqué (Mullins) avec une consommation moyenne de 2 W.

Processeurs sur mesure

Au-delà de ses processeurs “prêt-à-porter”, AMD entend se distinguer auprès de ses clients directs par sa capacité à produire du “sur-mesure”. « Nous travaillons par blocs et avons la capacité de proposer des configurations personnalisées selon les besoins de nos clients : plus de puissance de calcul, du calcul haute performance ou la priorité donnée à l’autonomie, nous explique Bruno Stéfanizzi, ingénieur software chez AMD France. Aujourd’hui, nous sommes les seuls à pouvoir le proposer sur le marché. » Intel se cantonne en effet (pour le moment) sur l’offre x86 quand Nvidia est entièrement tourné vers l’architecture graphique. AMD met en avant le support du langage OpenCL de ses processeurs graphiques pour séduire les développeurs. « Le marché est mûr pour la combinaison du x86 et du GPU », conclut Alain Nguyen.

Une maturité dont AMD entend profiter en doublant annuellement ses ventes de puces. Les volumes devraient ainsi passer de 80 millions d’APU en 2012 à 150 millions cette année pour atteindre les 300 millions en 2015.


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