Progress plaide pour le temps réel en mode SOA

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Le spécialiste de la SOA confirme le succès croissant du BAM/CEP, et la nécessité de l’approche SOA. Entretien avec Anthony Cross, directeur avant-vente chez Progress, à vélo, en voiture et en avion…

En 2009, les éditeurs de BI se portent très bien. Qu’en est-il des projets SOA, plutôt très longs à déployer ?

Schématiquement, un projet SOA se divise en deux phases. Tout d’abord, une étude du système d’information amène à découpler les applications via un ESB (Enterprise Service Bus), et les données via l’intégration sémantique. L’objectif consiste à améliorer la réutilisation et à augmenter la productivité. La seconde étape consiste à déployer en production une architecture distribuée.

Certes, la Business Intelligence (BI) a permis de bien gérer la crise, car elle permet de contrôler les choses a posteriori. Toutefois, l’intégration se porte bien. D’ailleurs, nous signons une affaire par mois en Europe du Sud depuis janvier sur notre produit Actional [NDLR : gestion de plate-forme SOA]. Par ailleurs, la dimension du temps est primordiale. Côté production, nos clients nous demandent des moyens pour obtenir plus de visibilité et un meilleur contrôle sur ce qui se passe. Plutôt que d’investir à long terme sur un projet SOA classique, les entreprises cherchent déjà à maîtriser l’existant. Toutefois, il s’agit de conserver un focus SOA tout en améliorant le contrôle de l’infrastructure.

En quoi l’intégration et le CEP peuvent-ils apporter un plus pour aider à la décision, face à la BI ?

Nos clients apprécient effectivement la BI, mais réclament des solutions complémentaires. En, effet, la BI nécessite du temps pour lancer des analyses sur quelques heures ou journées d’activité afin de comprendre un problème (analyse d’un historique sur une durée). Néanmoins, rien ne permet d’affirmer avec certitude que les mêmes phénomènes se reproduiront à l’identique avec les mêmes raisons. C’est donc tout l’intérêt complémentaire de plates-formes temps réel comme Apama, notre solution BAM-CEP (Business Activity Monitoring et Complex Event Processing). Ces logiciels peuvent s’appuyer sur les mêmes indicateurs que la BI. Considérons l’image d’un pilote d’avion. Il ne regarde pas la boîte noire, mais dispose bien d’un tableau de bord en temps réel (BAM/CEP). En revanche, en cas d’incident, seule la boîte noire peut lui apporter des informations à analyser. Toutefois, elle ne permet pas d’éviter les accidents !

Lorsque je roule à vélo, la vitesse raisonnable me permet d’analyser rapidement et simplement ce qui se passe. Dans une voiture de Formule 1, des personnes me renvoient leurs analyses dans l’oreillette. De même, à bord d’un avion Rafale, une assistance automatisée aide à la décision. Cependant, c’est toujours le pilote qui effectue l’action en relation directe avec le Quartier Général.

Pour autant, le temps réel est-il réellement utile pour tous et sur tous les processus ?

Seuls certains processus-clés gagnent à migrer vers le temps réel ou «quasi-temps réel». Ces choix de processus dépendent fortement de l’écosystème de l’entreprise (activités, fournisseurs, clients, partenaires…). Affirmer «je n’ai pas besoin du temps réel», c’est sous-estimer la réalité. Aujourd’hui, le consommateur achète de la musique en ligne en quelques minutes, ou encore des voyages en ligne. Nous sommes à l’heure des boutiques en ligne et de voyages-sncf.com et de la dématérialisation des biens et des services. Ces évolutions favorisent une meilleure organisation des agences et des personnels. Ainsi, une banque cliente de nos solutions a concentré son back-office dans des lieux moins cher, et les personnels en agences n’effectuent que les tâches à réelle valeur ajoutée en lien direct avec les clients. Ils déploient la bonne solution BAM pour que le back-office assume le maximum de tâches sans valeur ajoutée, en lien direct avec le front-office. Aujourd’hui, via les sites internet, les clients peuvent réaliser eux-mêmes jusqu’à 85 ou 90 % des opérations sans valeur ajoutée.

Comment rester efficace sans investir dans un projet SAO de plusieurs années ?

Le plus efficace consiste à déployer des solutions BAM/CEP, et c’est ce que réalisent aujourd’hui les entreprises. La solution idéale consiste effectivement à s’appuyer sur une architecture SOA avec découplage applicatif (ESB) et découplage des données (intégration sémantique). Un tel projet peut être déployé en trois mois. Nénamoins, si l’arechitecture de départ n’est pas SOA, les projets CEP restent possibles, mais les délais s’allongent. Notre rôle de conseil nous pousse à conseiller l’entreprise pour intégrer le SOA. Ainsi, si seules deux ou trois sources de données sont concernées par le projet BAM/CEP, il est possible de s’orienter dès le départ vers une architecture «type SOA», avec au minimum la mise en place d’un ESB (sur lequel l’entreprise pourra capitaliser). Néanmoins, ces situations s’analysent au cas par cas.


Auteur : José Diz
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