Pub en ligne : Publicis s'allie avec AOL, Google, Microsoft, Yahoo

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Le géant français lance Vivaki, un ensemble de solutions homogènes pour les annonceurs, notamment pour la pub mobile

Rendre l’offre publicitaire en ligne homogène, telle est l’ambition de Publicis avec l’initiative Vivaki Nerve Center. Le géant français lance donc une plate-forme publicitaire (utilisant la technologie de DoubleClick) adossée aux technologies de Microsoft, Google, Yahoo!, Platform-A (AOL).

“Elle offrira aux annonceurs la possibilité de toucher, en une seule campagne et sur des réseaux multiples, des audiences définies avec précision partout dans le monde. Jusqu’à présent, les agences et les clients devaient essayer de s’y retrouver dans un environnement média extrêmement fragmenté avec des réseaux publicitaires, des plateformes d’échange et des relations directes avec les éditeurs”, peut-on lire dans un communiqué.

“Notre intention est de fournir l’accès à une audience à grande échelle, avec un seul point d’entrée et des prix optimisés.“, explique David Kenny, managing partner de Vivaki.

“Au sein du VivaKi Nerve Center, nous sommes persuadés que le lancement sur le marché de solutions technologiques ouvertes, permettra aux clients de mieux développer leur marketing numérique, et d’atteindre des audiences plus vastes, et beaucoup plus finement ciblées, grâce à un processus d’achat simple avec un guichet unique”, déclare Curt Hecht, Président du Vivaki Nerve Center.

Illustration de cette association avec les géant du Net : le Vivaki Nerve Center va travailler à l’intégration de Right Media Exchange de Yahoo, la première et plus grande plateforme d’échange utilisée par plus de 50.000

acheteurs et vendeurs. Cette plateforme effectue plus de 6 milliards de transactions par jour.

Avec Microsoft, le Vivaki Nerve Centre permettra aux clients de Publicis de toucher les cibles consommateurs à travers son réseau Live (MSN, Windows Live, Microsoft Office Live…) et plus de 500 éditeurs de sites à travers DRIVEpm, son premier réseau publicitaire.

Sur le mobile aussi

L’accord vise également le secteur du mobile. La pub sur mobile suscite pas mal de convoitises. Touchant une population très large (3 milliards d’utilisateurs dans le monde), permettant une relation étroite avec la cible, ouvert à la personnalisation et au multimédia (du SMS à la vidéo), le mobile a tout pour devenir un acteur incontournable pour les annonceurs.

Sur ce terrain Publicis s’allie avec Yahoo. Objectif : devenir le numéro 1 de la pub mobile, rien que ça.

Vivaki Nerve Center s’appuiera sur la plateforme mobile de Yahoo afin de “pouvoir aider les marques à élargir leur audience et à se rapprocher des consommateurs mobiles grâce à des solutions innovantes”.

Par ailleurs, Phonevalley, l’agence de Publicis Groupe dédiée au marketing mobile, sera ainsi la première agence à intégrer Blueprint, le langage de Yahoo destiné aux développeurs.

Rappelons que si Yahoo est loin derrière Google sur Internet, sur le mobile c’est une autre histoire. Depuis quelques années, le géant américain multiplie les offensives avec OneSearch, son moteur dédié aux mobiles, Go, sa suite d’outils de plus en plus nativement intégrée dans les combinés des grands fabricants, OneConnect et OnePlace : autant d’outils qui sont de plus en plus utilisés par les mobinautes.

Pour autant, quelles sont les véritables perspectives de ce marché ? Selon une récente analyse du Gartner, la pub mobile pourrait représenter un chiffre d’affaires de 2,7 milliards de dollars dès cette année et atteindre 12,8 milliards de dollars en 2011.

Même tonalité de la part d’ABI Research qui estime que le marché générera 3 milliards de dollars en 2008, Forrester table sur 11 milliards en 2011. Joli consensus.

Mais Thomas Husson, analyste pour Jupiter Research remet tout de suite les pendules à l’heure :“Le marché ne décollera pas aussi vite que cela. Regardez Internet, il a fallu presque 10 ans pour que ce media devienne incontournable en terme de publicité. Il faudra du temps, les annonceurs sont en phase de réflexion. Au Japon, où l’Internet mobile profite d’une pénétration de 87%, la publicité n’a généré que 240 millions d’euros en 2006”.

Un constat confirmé par Dominique Delport, p-dg d’Havas Media France.“Il faut prendre en compte l’inertie des agences et des annonceurs. Les investissements sur Internet ont mis du temps à sortir des ‘queues de budget’, il en sera de même pour le mobile. Certains annonceurs veulent innover en se positionnant sur le mobile, mais ils sont encore très très peu nombreux”.

Et d’ajouter : “compte tenu du contexte économique actuel, les annonceurs ne sont pas prêts à dépenser beaucoup en ‘test & learn'”.

Outre la méconnaissance des possibilités du mobile, annonceurs et agences soulignent des freins encore trop nombreux : manque de standards techniques,problèmes d’interopérabilité, pas d’outils de mesure de performance et de ROI, problème du respect de la vie privée…

Pour en savoir plus, lisez notre analyse : Pub sur mobile : la maturité n’est pas encore au rendez-vous


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