Qwest joue la surenchère sur MCI

Régulations

MCI a accepté l’offre de reprise de Verizon, mais Qwest Communication ne veut pas en rester là

On pensait l’épisode final de la saga MCI ex-Worlcom terminé avec le rachat de l’opérateur par Verizon, mais ce feuilleton à rebondissement n’en fini plus de nous tenir en haleine !

Rappel des épisodes précédents : après la disparition de Worldcom au profit de MCI, histoire de faire oublier l’un des plus grands scandales financiers de la planète, l’opérateur télécoms sort de la loi américaine sur les faillites. Ce n’est pas pour autant qu’il est sorti d’affaire? Restructuration à la hache et suppressions de massive des emplois ont permis au groupe de se redresser, mais pas d’atteindre l’équilibre. Le discours se veut optimiste, mais les résultats ne suivent plus ! Annoncé à grands renforts de publicité sur la chaîne Wall Street, le dernier épisode s’annonçait? palpitant ! Au lieu de faire mourir le ‘héros’, on le vend. Et pour faire monter le suspense, deux candidats s’affrontent : Qwest et Verizon. Fin du feuilleton en début de semaine dernière, c’est Verizon qui emporte la mise, pour 6,7 milliards de dollars tout de même, ce qui fait cher pour un épisode final, mais ne sommes nous pas au pays de la démesure ? Et les règles du ‘soap opera‘ financier sont conservées, avec le rachat de MCI, Verizon conforte sa place de leader, un temps contestée par le rachat d’AT&T par SBS, autre feuilleton de l’hivers des télécoms US ! Fin de l’histoire ? Pas encore? Lorsqu’un feuilleton fait de l’audience ? publicitaire, cela va de soi ! ? les médias ont du mal à y mettre fin. L’histoire de MCI n’échappe pas à la règle. Un nouveau rebondissement va-t-il permettre de prolonger quelques jours encore ? MCI n’est pas encore mort, les autorités du marché ne se sont pas encore prononcées, et surtout les actionnaires. La fin définitive de la série est annoncée pour la fin de l’année, époque des assemblées générales, pas avant. Alors Qwest retente sa chance, et a fait savoir au conseil d’administration de MCI qu’il ferait une nouvelle offre. Une surenchère sur MCI, la bataille pour l’acquisition de MCI est relancée. Et pour corser la série, les auteurs font entrer un nouvel acteur, personnage récurant de nombreuses séries financières, la SEC, la Securities and Exchange Commission. Le gendarme de la Bourse américaine est un habitué des séries à succès et de leurs rebondissements multiples. Acteurs central de la première saison de Worldcom, il s’était fait oublier depuis que la séries s’était renommée MCI. “Nous voudrions vous informer du fait qu’une fois que nous aurons terminé notre étude de l’accord de fusion avec Verizon, nous avons l’intention de soumettre une offre modifiée pour acquérir MCI“, lit-on dans la notification de Qwest transmise à la SEC.Et pour relancer le suspense, les auteurs de la série n’y vont pas de main morte? Qwest, quatrième opérateur télécoms local américain, aurait fait une offre de 8 milliards de dollars, rejetée par MCI qui a préféré Verizon. Le public lui-même a réagit pour relancer le feuilleton. La valorisation de MCI à 6,7 milliards de dollars ne satisfait pas les actionnaires de MCI, las de jouer les seconds rôles dans la série. La dernière offre de Qwest valoriserait MCI à 7,6 milliards de dollars. Verizon aurait donc sous valorisé MCI ? Sans doute selon les actionnaires qui ne sont pas satisfaits de leur rémunération ! Mais dans les séries, c’est le public qui choisit, et Verizon est un acteur reconnu qui à lui seul attire les budgets publicitaires. N’est-il pas valorisé quatorze fois plus que son concurrent à Wall Street ? C’est un sacré argument, surtout pour les scénaristes de la série qui ont choisi Verizon pour la sécurité. Endettement, cash flow, image, ne militent pas pour Qwest. De plus, l’opérateur fait figure de vilain dans la série ! Poursuivi par le gouvernement, ayant déjà conclue un accord à l’amiable avec la SEC, pour 250 millions de dollars, avec une provision de 500 millions pour d’autres affaires en cours, Qwst risque de se voir interdire temporairement l’accès à la chaîne des contrats publics ! Autant le dire tout de suite, la tentative de relancer la série semble mal engagée, et risque comme c’est souvent le cas d’engendrer une pâle copie de feuilleton initial. A suivre?


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