Rajeev Suri (NSN) : « Vers le gigaoctet de données mobiles par jour et par personne »

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Pour le dirigeant de Nokia Siemens, l’avenir des télécoms passe par la mobilité où, à l’horizon 2020, nous consommerons des centaines de gigaoctets de données par an et par utilisateur. Un avenir auquel NSN entend se préparer.

De notre correspondant à Barcelone – « Nous croyons que l’avenir de cette industrie est la mobilité, et c’est pourquoi nous construisons le spécialiste mondial du haut débit mobile, avec les ressources, l’expertise et les investissements nécessaires pour diriger nos clients dans la révolution gigaoctet. » À la veille de l’ouverture du Mobile World Congress de Barcelone (MWC 2012), le PDG de Nokia Siemens Networks, Rajeev Suri, a exposé sa vision du secteur et donc celle de l’entreprise qu’il dirige. Et, selon lui, la prochaine étape passe par la consommation de 1 Go de données par jour et par utilisateur à l’horizon 2020. Énorme quand on sait que les forfaits mobiles data pour les consommateurs peinent à dépasser les 3 Go par mois aujourd’hui.

Mais le mouvement est inévitable. Et sera entrainé, certes par les usages grandissant des applications et contenus du web mobile, mais aussi par tous les services naissants comme le NFC (technologie sans contact), l’explosion des jeux en mobilité, la vidéo communication, sans oublier « l’ère des capteurs » qui fera interagir les machines entre elles dans un environnement piloté par l’intelligence artificielle. Bref, si c’est de la science-fiction, elle est pour demain.

Construire le réseau du futur

Selon Raveej Suri, NSN a pris un bon départ sur le marché des réseaux LTE.

Et Nokia Siemens s’y prépare activement. L’entreprise a récemment revu ses objectifs et a décidé de concentrer ses activités sur l’industrie du réseau mobile avec, au passage, un plan de restructuration qui supprime près d’un quart des effectifs (17 000 personnes dans le monde).

Si les usages vont faire exploser les débits, les opérateurs doivent être en mesure de supporter cette demande. « Construire un réseau qui répond à tout ça est l’enjeu pour NSN », soutient Rajeev Suri. Car ce gigaoctet quotidien devra être consommé « à des vitesses plus de dix fois supérieures a ce que nous avons aujourd’hui ». Et ce réseau de nouvelle génération (4G) passera par le LTE (Long Terme Evolution) dont la version Advanced en cours d’élaboration par l’organisme de standardisation 3GPP amènera au-delà du Gbit/s en mobilité.

Une position supérieure à la concurrence

Un nouveau marché sur lequel NSN est déjà bien présent avec 52 contrats. Une position « supérieure à celle de la concurrence, assure le dirigeant qui fait référence à Ericsson. Le soutien de notre nouvelle stratégie par nos clients est incroyablement fort. » Avec le LTE, Nokia Siemens veut « doubler ses parts de marché » et vise la place de numéro 2 « dans un proche avenir ».

Pour y parvenir, NSN compte sur l’innovation et la qualité. Particulièrement sa plate-forme Liquid Net qui supporte certes le spectre des réseaux mobiles, du GSM au LTE Advanced et le Wifi, mais apporte surtout de l’intelligence au réseau. Notamment en reconfigurant dynamiquement celui-ci pour répondre à des charges ponctuelles ou encore en optimisant automatiquement les contenus images et vidéo en fonction des terminaux qui les consomment. « Supprimer les données inutiles », souligne Rajeev Suri.

Qualité et innovation au cœur de la stratégie

Un réseau intelligent complété par la plate-forme CEM (Customer Experience Management) capable de collecter et analyser les données en temps réel. Autant d’informations instantanées qui permettent à l’opérateur de surveiller l’état de son réseau et, surtout, les comportements des consommateurs, y compris les éventuels problèmes techniques qu’ils rencontrent afin de mieux les en libérer.

Certes, apporter un service de qualité et innovant est un gage de fidélisation des consommateurs pour les opérateurs. Mais ceux-là se montrent de plus en plus volages au gré des opportunités des offres tarifaires et la concurrence exerce toujours plus de pression économique. Résultats, le secteur des télécoms tourne au ralenti, en Europe du moins. Il restera donc à vérifier que les opérateurs ont encore les moyens (ou la volonté) d’investir massivement dans leurs réseaux mobiles.

Photos © Christophe Lagane

 


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