Rajeev Suri prend la tête de Nokia de nouveau profitable

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Délesté de l’activité terminaux, Nokia redevient profitable selon les résultats du premier trimestre 2014. Le dirigeant de la division réseau, Rajeev Suri, est nommé PDG.

La division mobiles et services désormais vendue à Microsoft, Nokia a pu publier, hier, ses résultats du 1er trimestre 2014. Hors activité terminaux, le groupe redevient profitable. Malgré un chiffre d’affaires de 2,66 milliards d’euros en recul de 15% sur la même période 2013, la hausse à 45,7% de la marge brute (39,3% en 2013) permet à Nokia de dégager un bénéfice opérationnel de 242 millions.

Nokia est désormais portée par l’activité réseau mobile (Nokia Solutions and Networks) également soutenue par une hausse de la marge (à 39,6%). Ce qui se traduit par un profit opérationnel de 216 millions d’euros (196 millions en 2013) alors que le CA recule de 17% à 2,3 milliards. Une progression que Nokia explique par « une marge brute plus élevée qui a bénéficié d’une plus grande proportion des ventes de logiciels, d’améliorations significatives dans les services et une plus grande proportion des ventes d’accès haut débit mobiles. »

Néanmoins, les ventes réseaux ont baissé en Europe (-10%) et en Asie-Pacifique (-12%), régions pourtant stratégiques. Un recul compensé par le dynamisme du marché chinois (+34%).

2 milliards de trésorerie

Le reste des revenus provient des divisions Here (services de géolocalisation) et Technologies (commercialisation de licences) dont les chiffres d’affaires respectifs s’élèvent à 209 millions (-3%) et 131 millions (+7%) pour des bénéfices de 10 et 86 millions.

Les ventes de smartphones et téléphones (présentées dans la ligne « opérations interrompues ») ont, de leur côté, poursuivi leur chute. Le chiffre d’affaires de la division passe de 2,8 milliards d’euros à 1,9 milliard en un an et la perte s’élève à 326 millions (contre 120 millions en 2013).

Le cash net s’approche pour sa part des 2,1 milliards d’euros. La trésorerie aurait dû atteindre les 7,1 milliards si le produit de la vente des terminaux mobiles à Microsoft avait pu être intégré dans les comptes du premier trimestre. Le montant de la transaction profitera au prochain exercice.

Rajeev Suri nommé PDG de Nokia

Rajeev Suri, dirigeant de Nokia Solutions and Networks (NSN) sera officiellement PDG de Nokia à partir du 1er mai prochain. Une nomination logique dans la mesure où l’entreprise est désormais portée par l’activité réseau mobile qui compose 90% de son chiffre d’affaires aujourd’hui. Arrivé en 1995 chez Nokia, il avait pris la tête de NSN en octobre 2009 où il s’était attaché à redresser la situation de l’équipementier, notamment par un plan de restructuration massif initié en 2011 et visant à concentrer les activités sur l’offre mobile exclusivement. Recentrage qui a précédé le rachat des parts de Siemens par Nokia de l’équipementier.

« Je suis honoré d’avoir été invité à prendre ce rôle et enthousiasmés par les possibilités qui s’ouvre à notre avenir, a déclaré Rajeev Suri qui succède ainsi à Risto Siilasmaa, president du conseil d’administration qui assurait l’intérim depuis le départ de Stephen Elop. Avec son expérience approfondie à relier les gens et ses trois métiers forts, Nokia est bien placé pour tirer parti de nouvelles possibilités au cours de cette période de changement technologique. »

Rajeev Suri s’attachera à développer les trois activités de Nokia, réseau, géolocalisation et innovation, afin de répondre aux besoins que vont générer les milliards de terminaux et objets qui se connecteront au cours de la prochaine décennie et convergeront à travers des systèmes programmables et intelligents pour offrir toujours plus de services de communications, de capacité de transport et d’applications. « Avec nos trois activités solides – Réseaux, Here et Technologies – et notre position comme l’un des plus grands éditeurs de logiciels du monde, nous sommes bien placés pour atteindre notre objectif d’être un leader dans les technologies d’un monde connecté », avance le nouveau PDG. Il faudra néanmoins compter avec la position immuable du numéro 1 Ericsson qui accélère le développement de son offre cloud, et le fort dynamisme de Huawei, numéro 2 mondial alors que le marché américain des réseaux lui est pour l’heure inaccessible.


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