Récap 2011 : stockage avec virtualisation, SSD, NAS super-extensibles…

En 2011, les géants du stockage des données ont encore profité de la sortie de crise de 2009-2010 et de la relative dévalorisation des entreprises. Les acquisitions ont continué (*), mais pas au niveau des surenchères historiques de 2009 et 2010  (la course après DataDomain puis celle de 3PAR, disputée entre HP et Dell).

EMC, qui aura frisé les 20 milliards de dollars sur l’année (environ 2 milliards et demi de bénéfice! Et on dit que son trésor de guerre atteint les 5 milliards), a continué de digérer au mieux ses multiples acquisitions (Avamar, DataDomain, RSA, Isilon…).

2011, une année charnière pour EMC, avec VNX et VNXe

Le géant du stockage a débuté l’année en fanfare avec 41 annonces, dont celle, majeure, de rupture de génération : sa nouvelle gamme VNX, que le marché aura (bien) accueillie comme venant s’intercaler entre l’offre CLARiiON, les NAS Celerra et le haut de gamme Symmetrix (VNX, VNXe et VMAX, comment EMC rationalise son offre stockage (19 et 24 janvier 2011).

En milieu d’année, une annonce complémentaire et logique, en somme : EMC présente ses nouvelles baies de disques haut de gamme VMAXe (juillet 2011) et trois mois plus tard confirme leur évolution (24 octobre), qui tendent à les « démocratiser » vers les entreprises de taille moyenne et le ‘cloud computing’ (même architecture ‘scale-out’ des Symmetrix, même environnement Enginuity 5875+ et livrable en ‘préconfiguré’).

Entretemps, Isilon, tout fraîchement acquis par EMC, a lancé un système de stockage en cluster au débit de 85 Go/sec (20 avril). En parallèle, dans la même période, EMC a avancé une offre rapprochant les offres d’Avamar 6.0 et de DataDomain.

Encore des acquisitions

En début d’année, NetApp avait ouvert le feu avec l’acquisition d’Akorri, qui est venu renforcer ses technologies d’analyses de performance.  NetApp, classé au 2e rang (derrière EMC) par un sondage auprès des managers IT, a égalemet repris Engenio (LSI).Ce même constructeur a annoncé quelques semaines une nouvelle passerelle vers Bull : fin mars, ils annonçaient la création, à Grenoble, d’un centre de solutions commun dédié au stockage.

Dell a également fait fort en termes d’investissements en 2011 : après EqualLogic (en 2007) et Compellent (en 2010), c’est un petit joyau qui est entré, en juillet, dans son escarcelle, pour le réseau : Force 10. A retenir également que Dell a rehaussé la gamme EqualLogic, prête pour vSphere 5 de VMware‘ – avec deux séries, PS4100 et PS6100 –,  « hautement virtualisées, unifiées et extensibles » (août). Dell avait fait deux acquisitions importantes, quelques mois auparavant : Ocarina Networks (solutions de compression des données) et Exanet, fournisseur d’un file system sophistiqué pour serveurs NAS.

HP et le bon accueil de 3PAR

Durant l’été, HP s’est illustré avec le rajeunissement de sa gamme HP EV P6000, en jouant la convergence  (5 juillet); les améliorations portent sur la connectivité, les performances. Le positionnement ? En milieu de gamme, même si la capacité totale peut atteindre allégrement les 480 To (tera-octets), avec un prix démarrant à 14 000 euros!

Dans le même temps, HP se félicitait de la bonne réception de l’offre 3PAR. 3PAR (194,3 millions de dollars de chiffre d’affaires 2010) est devenu une division de HP StorageWorks et David Scott, qui le dirigeait depuis septembre 2002, a été promu en octobre senior directeur général de HP StorageWorks.

Cinq mois après cette acquisition sportive (partie d’enchères jouée à couteaux tirés face à Dell), HP avait également annoncé l’intégration sans couture de l’offre Utility Storage dans son infrastructures convergées pour le cloud StorageWorks.

IBM, au printemps 2011 (congrès Pulse 2011), mettait l’accent avec l’offre ‘cloud’ de Tivoli, sur l’automatisation du provisionnement des machines virtuelles et sur l’usage du stockage virtuel pour la reprise d’activité sans interruption.

Chez Hitachi Data Systems, on consolide, on industrialise encore un peu plus autour de la virtualisation, du ‘cloud computing’ et cela avec la perspective du ‘big data’. (Cf. Quand HDS rencontre Hana de SAP, 3 nov.) Juste auparavant, le géant japonais avait dévoilé sa stratégie Cloud avec de nouvelles offres (26 oct.). Chez Brocade, on pousse les débits : « la fibre du cloud« , avec sa nouvelle gamme Fibre channel à 16 Gbps (mai).

La poussée des petits NAS et des grands, aussi

Dans un tel récapitulatif annuel, impossible de ne pas mentionner la poussée des offres de serveurs de stockage NAS (Network attached storage), ces bêtes de course qui viennent chatouiller les plus grands. Parmi les serveurs NAS économiques, QNAP marque des points : jusqu’à 36 To et 8 disques durs sur rack 2U (27 sept.) Un peu avant, le taïwanais avait introduit des NAS 8 et 10 baies haut de gamme, jusqu’à 30 To (24 août).

Iomega introduit pas moins qu’un NAS 12 baies, supportant jusqu’à 36 To , là aussi (25 août). Le StorCenter px12-350r est un NAS au format rack dont la capacité de stockage brute sera comprise entre 8 To (environ 4160 euros HT) et 36 To (environ 7210 euros HT). On voit même surgir en France chez Intellique, un serveur NAS extensible à 1 péta-octets à 30 centimes le giga! (juin).

De son côté, Synology aussi table sur l’extensibilité : un NAS hautement évolutif, en direction des PME et TPE. Une semaine après avoir présenté le DiskStation DS211+ à deux baies, le constructeur américain lance le DS1511+. Lequel se caractérise par une capacité d’accueil de 5 disques durs (3,5 ou 2,5 pouces Sata II), soit un potentiel de 15 To à raison de 3 To par unité.

Sur ce même créneau, Hitachi Data Systems a fait la une avec le rachat BlueArc, spécialiste de serveurs NAS en ‘cluster’, pour des données non structurées (tendance Big Data…). BlueArc détient aussi un portefeuille intéressant de solutions métiers (8 sept.).

Le prix des disques durs grimpe, grimpe…

Pourtant les constructeurs de ces serveurs NAS doivent, eux aussi, affronter un facteur historique longtemps sous-estimé: la conséquences des inondations catastrophiques de Thaïlande : « Le disque dur boit la tasse »

Le prix des disques durs après des décennies de baisse, ont accusé des hausses (cf. pénurie et prix à la hausse,l’état de lieux, 14 décembre)   Qu’ont donc fait les constructeurs? Ils ont tous augmenté leur prix!   (9 janv. 2012).

Bandes et VTL

Côté bande et VTL, Tandberg et Qstar ont annoncé un ‘déroulement à l’infini’ (oct.). Et EMC, suite au rachat de Bus-Tech, a présenté une solution de librairie VTL (DLm 6000) visant à remplacer, auprès de mainframes IBM, le stockage sur bandes, avec une capacité de 6 peta-octets et une vitesse qui serait deux fois supérieure.

Quantum, de son côté, a continué de défendre la bande pour le stockage de gros volumes (Quantum maintient la bande à flot, déc.). Il n’empêche, à l’automne, ce même constructeur a renforcé son offre de sauvegarde StorNext (sept.), pour compenser la baisse du marché de stockage sur bande (sept.) .
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(*) Acquisitions en 2011: pas une année record -constate notre confrère StorageNewsletter, Mergers & acquisitions. Depuis le record de 2006, avec 105 ‘deals’ signés, on constate un ralentissement dès 2007 (88 transactions) jusqu’à un seuil de 48 en 2009 puis une remontée à 66 en 2010, mais redescente à 57 en 2011, année où Western Digital a repris l’activité disques de Hitachi (Hitachi GST) pour 4,3 milliards de dollars; et Seagate,  qui fut acquéreur de Maxtor en 2007, a acquis Samsung pour 1,375 milliard. Par comparaison, les acquisitions les plus élevées, précédemment, ont été 3PAR par HP, à 2,35 milliards de dollars et Isilon par EMC à 2,25 milliards ou encore EqualLogic par Dell pour 1,4 milliard.