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Reconnaissance faciale : Amazon décrète un moratoire

Il n’y a pas qu’IBM qui prenne du recul sur la reconnaissance faciale.

Amazon a pris une décision dans le même sens.
Contrairement à Big Blue, la firme de Jeff Bezos n’entend pas stopper le développement et la commercialisation de solutions dans ce domaine. Mais elle a décrété un moratoire d’un an sur leur usage par les forces de l’ordre.

Le délai, affirme-t-elle, doit servir à mettre en place « les règles appropriées » pour favoriser « un usage éthique » de la reconnaissance faciale. Le Congrès américain planche actuellement sur un texte de cette teneur.

Amazon avait pris position sur le segment de la reconnaissance faciale en 2016, avec l’offre Rekognition. À l’origine limitée à l’analyse d’images, elle permet aujourd’hui de travailler sur du streaming vidéo en temps réel.

Reconnaissance faciale et surveillance de masse

Dès 2018, l’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) avait tiré la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte cosignée par une quarantaine d’organisations dont Human Rights Watch et l’Electronic Frontier Foundation, elle priait Jeff Bezos de cesser de fournir cette technologie à des gouvernements.

Cet appel faisait suite à six mois d’enquête sur des contrats qu’Amazon avait signés avec des autorités en Floride et dans l’Oregon. Les documents compilés dans ce cadre laissaient craindre une « automatisation de la surveillance de masse ».

L’ACLU avait assorti sa lettre d’une pétition « Amazon, prière de quitter le business de la reconnaissance faciale ». Elle a recueilli 63 350 signatures.

Quelques semaines plus tard, des employés du groupe américain adressaient eux aussi une lettre à Jeff Bezos. Principal point d’inquiétude : l’usage de la reconnaissance faciale par les services des douanes.

Depuis lors*, Amazon a arrondi les angles. Plusieurs vidéos qui préconisaient des usages discutables de Rekognition ont été supprimées ou mises en mode privé. Les descriptions des cas d’usage ont également été reformulées. Sur le volet sécurité publique, il est désormais surtout question de « rechercher des personnes manquantes ».

* Rekognition a par ailleurs été pointé du doigt pour la réalité de son usage par les forces de l’ordre. Cnet s’était penché sur la question et avait conclu à une majorité de cas de… vols à l’étalage.

Photo d’illustration © Paolo Schorli – Shutterstock

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