Reconnaissance faciale : quand Microsoft appelle à réguler

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Après avoir été épinglé pour son logiciel de reconnaissance faciale biaisé, Microsoft appelle le gouvernement américain à réguler le marché.

Microsoft ne veut pas se perdre dans les polémiques. L’une à propos d’un contrat conclu avec les services américains de l’immigration et des douanes (ICE). L’autre concernant un logiciel de reconnaissance faciale jugé biaisé par des chercheurs du MIT et de Standford en début d’année. Depuis, la firme de Redmond a rectifié le tir. Et persiste.

L’éditeur appelle le gouvernement américain à réguler le marché. Une technologie de reconnaissance faciale dopée à l’intelligence artificielle (IA) « peut classer des photos, aider à réunir des familles. Elle peut aussi être mal utilisée et détournée. Par des entreprises privées comme par des autorités publiques », a déclaré Brad Smith (en photo).

Pour le président et directeur juridique de Microsoft, « le seul moyen efficace de gérer l’utilisation de la technologie par un gouvernement consiste pour le gouvernement à gérer de manière proactive cet usage ». Et d’ajouter : « un monde doté d’une solide régulation de produits utiles mais potentiellement perturbants est meilleur qu’un monde dépourvu de normes légales », a-t-il souligné dans un billet de blog daté du 13 juillet 2018.

De surcroît, Brad Smith conteste le fait que l’autorégulation soit suffisante. Dans ce dossier, en tout cas… Car des normes et codes de conduite d’entreprises peuvent être ignorés et contournés sans frais. « C’est un substitut inadéquat à la prise de décision par le public et ses représentants dans une république démocratique », une société de droit.

Contrôle au faciès et jeu d’influences

Le président de Microsoft va plus loin encore en déclarant que la régulation « contribue à une dynamique plus saine pour les consommateurs et les producteurs ». Brad Smith a donc listé des questions sur lesquelles le gouvernement US pourrait plancher. Florilège :

« – L’utilisation de la reconnaissance faciale par les forces de l’ordre devrait-elle faire l’objet d’une surveillance et de contrôles humains ?
– La loi devrait-elle exiger que les entreprises obtiennent un consentement préalable avant de recueillir des images d’individus pour la reconnaissance faciale ?
– Le gouvernement devrait-il créer des processus qui octroient des droits aux personnes estimant avoir été mal identifiées par un système de reconnaissance faciale ? »

Microsoft monte ainsi au créneau après deux controverses. Celle concernant son logiciel de reconnaissance faciale. L’autre à propos d’un contrat conclu avec les services américains de l’immigration et des douanes (ICE – Immigration and Customs Enforcement).

En juin, plus d’une centaine d’employés de la firme ont signé une lettre ouverte adressée à Satya Nadella, CEO du groupe. Il l’exhortait alors à mettre un terme à un contrat de 19,4 millions de dollars conclu avec les services américains de l’immigration et des douanes.

Satya Nadella avait indiqué le 20 juin 2018 sur LinkedIn que « Microsoft ne travaille pas avec le gouvernement US sur des projets liés à la séparation des enfants de leurs familles à la frontière ». Brad Smith, de son côté, a déclaré dans son billet du 13 juillet que le contrat avec l’ICE en question « n’est pas du tout utilisé pour la reconnaissance faciale ».

(crédit photo de une © Microsoft)

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Auteur : Ariane Beky
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