Red Hat Enterprise Linux 5.4 : le sacre de la virtualisation

Logiciels

KVM fait son apparition dans la Red Hat Enterprise Linux 5.4, posant ainsi la première pierre de l’édifice RHEV de la compagnie.

La nouvelle distribution Red Hat Enterprise Linux 5.4 (RHEL) a été présentée à la presse ce mercredi à Chicago, par Paul Cormier, vice-président exécutif et président produits et technologies de Red Hat, Brian Stevens, CTO et vice-président de l’ingénierie, et Navin Thadani, directeur senior du marché de la virtualisation.

En plus des mises à jour habituelles des paquets logiciels, la RHEL 5.4 introduit l’hyperviseur KVM. Cet outil de nouvelle génération, déjà présent au sein de la Fedora, est une solution puissante et particulièrement aisée à mettre en place. La RHEL 5.4 forme ainsi la première pierre de l’édifice Red Hat Enterprise Virtualization (RHEV). Bon point, les applications certifiées pour la RHEL (plus de 3000) le sont automatiquement pour l’offre RHEV.

Autre nouveauté majeure : l’intégration de sondes système, qui permettent de suivre le fonctionnement de l’OS de façon précise. Sans être aussi puissantes que les sondes DTrace de Solaris, c’est un pas dans la bonne direction et un outil utile pour les développeurs. Enfin, des optimisations pour les processeurs Intel Xeon 5500 et AMD Istanbul sont présentes dans la RHEL 5.4.

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KVM : souplesse et ouverture

L’apparition de KVM a soulevé plusieurs questions au sein de la rédaction. Un entretien mené avec Geert Jansen, gestionnaire des produits de virtualisation EMEA chez Red Hat a permis d’éclaircir certains points. Tout d’abord, l’administration des machines virtuelles passe par l’API de virtualisation libvirt ce qui permet de s’ouvrir à des produits tiers. Toutefois, ce travail sera laissé à la discrétion des sociétés éditant de telles solutions. Si vous souhaitez disposer d’un support de KVM dans Microsoft System Center Virtual Machine Manager, il vous faudra donc le demander… à Microsoft.

Notez que la gestion des machines virtuelles Windows et Linux s’effectue au travers d’outils spécifiques. Ils permettent de garder un œil sur les applications qui tournent au sein des environnements virtuels et d’administrer les machines virtuelles, avec un même jeu de commandes, que l’hôte fonctionne sous Linux ou Windows.

Concernant

Xen, l’hyperviseur utilisé jusqu’alors par Red Hat, pas de soucis : son support est assuré jusqu’au 31 mars 2014. Il est possible que Xen ne soit plus intégré à la RHEL 6. Toutefois, la compagnie compte proposer prochainement des outils qui faciliteront la migration des hôtes entre Xen et KVM.

Lors d’une mise à jour de KVM, la configuration « matérielle » présentée à l’hôte virtualisé peut être légèrement modifiée. Cela peut alors nécessiter un re-paramétrage de l’hôte, voire une réactivation de la licence de l’OS. « Le problème n’existe pas ici. La version de KVM intégrée à la RHEL 5.4 ne changera pas. Nous nous bornerons à‘backporter’ les correctifs au sein de la mouture actuelle », explique Geert Jansen.

Un futur prometteur

Geert Jansen nous a donné quelques pistes concernant le futur de KVM. Dans une prochaine version (qui sera probablement adoptée par la RHEL 6), l’allocation des ressources fera son apparition. Aujourd’hui la plupart des hyperviseurs laissent le système sous-jacent répartir les ressources disponibles entre les machines virtuelles. Une machine virtuelle très active peut ainsi aisément pénaliser les autres hôtes fonctionnant sur le même serveur physique.

Avec l’allocation de ressources, un minimum sera garanti pour chaque hôte. Cependant, contrairement aux solutions de partitionnement classiques, KVM pourra fournir plus de puissance aux machines virtuelles le demandant, si d’autres n’exploitent pas les ressources auxquelles elles ont droit.

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